‹ uvres complètes de Millevoye (volume 4)Chapitre 44 sur 100 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Ils m'ont banni du sol que j'ai rendu fertile , Et pourtant mon rival sans moi ne serait pas.

O lyre ! que ta voix contre Athènes s'élève. C'est toi que sans pudeur elle ose humilier, Toi qui fus dans mes mains la compagne du glaive , Toi qui mêlas tes sons au bruit du bouclier !

Ah ! je devais la fuir quand sa lâche furie Enveloppa mes jours de pièges odieux , M'accusant d'outrager les dieux et la patrie. Alors que je chantais la patrie et les dieux.

Plaines de Marathon ! Salamine ! Platée ! Des plus fiers combattants quand je marchais l'égal, Pensiez-vous qu'on verrait une foule irritée Me traîner en coupable au 4>ied d'un tribunal !

i6i ELEGIES.

Il fallut attester les libations pures Dont j'arrosai l'autel, dans le jour fortuné Qui décora mon sein de deux larges blessures. J'évoquai Marathon , et sortis couronné.

O consolant départ ! ô fortuné voyage ! Le monarque du Nil me garde son appui ; L'héritier de Lagus, espoir de mon vieil âge. Bénira les destins qui me donnent à lui.

Son palais est un temple où les sages du monde Viennent dans tous les temps, viennent de tous les lieux Interroger d'Isis la sagesse profonde, Et, mortels, assister aux mystères des Dieux.

Tu pourras avec nous, déesse du cothurne. Des rois qui ne sont plus visiter le séjour ,

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