‹ uvres complètes de Millevoye (volume 4)Chapitre 55 sur 100 · LIVRE III. i8i · texte numérisé non relu

LIVRE III. i8i

Laissez-la reposer sur la molle fougère. Ne la réveillez pas ! sans doute en ce moment Un songe heureux lui peint le retour de l'amant : Son front rougit, son sein palpite... elle s'éveille. Épouse de mon cœur ! de ta bouche vermeille Ma bouche a quelque temps respiré la fraîcheur : Que ton haleine est douce, épouse de mon cœur ! Au voyageur, errant depuis l'aube naissante, Moins douce est d'Engaddi la grappe jaunissante. Ton corps souple est rival du jeune et beau palmier; Tes yeux voluptueux sont les yeux du ramier, Et l'émail de tes dents est plus blanc que la laine I De l'agneau qu'a baigné la limpide fontaine. »

LA SULAMITE

« O plaisir ineffable ! ô pur ravissement ! Que la voix de l'époux retentit doucement ! Que sa parole aimable a d'empire et de charmes! Arrêtez-vous, mes pleurs! Fuyez, sombres alarmes! 4 i6

i82 CHANTS ÉLÉGIAQUES.

Fuyez, épargnez-moi, souffle des aquilons! Je suis ia fleur des champs et le lis des vallons. »

LE BIKN-AIMÉ.

« Des autans orageux ne crains plus la furie , Mon amante, ma sœur, ma colombe chérie! Tes regards et ta voix enivrent ton époux ; Car ta voix est sonore et tes regards sont doux. »

LA SULAMITK.

" Mon amant est pour moi l'ormeau de la colline. »

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