‹ uvres complètes de Millevoye (volume 4)Chapitre 54 sur 100 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

LA SULAMITE

« \J vierges de Sion ! ô mes douces compagnes ! Ne l'avez-vous pas vu descendre des montagnes, Brillant comme un rayon de Tastre du matin ? j^^ites-moi sur quel bord , vers quel sommet lointain Ses chameaux vont paissant une herbe parfumée ? Sont-ils sous les palmiers de la verte Iduraée, Ou sous le frais abri des rochers de Sanir? Mais, hélas! si long-temps qui peut le retenir?

i8o CHANTS ÉLÉGIAQUES.

Délices de mes jours I loin de toi mon image . A-t-elle fui, pareille au mobile nuage ? Ai-je cessé déjà d'être belle à tes yeux ? ■O ! reviens : j'ai cueilli des fruits délicieux ; Tout est pour toi. Reviens; que ton bras me soutienne; 'Que ma main tendrement frémisse dans la tienne. "Versez des fleurs : je veux jusques à son retour Reposer sur des fleurs, car je languis d'amour. ]Von, non, n'espérez pas quelong-tenips je sommeille; Pour moi plus de repos : je dors, et mon cœur veille. Mon œil appesanti, lentement soulevé, A cherché mon amant et ne l'a point trouvé. » Elle dit, et s'endort. Vers la plaine odorante, Non moins prompt que le daim cherchant la biche errante Voilà que , l'œil ardent , accourt le bien-aimé ! Son sourire est céleste et son souffle embaumé.

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