LIVRE III
Jetant sur elle un regard de colère, Il répéta : « Je t'aime , et je suis roi. «
Puis affectant un visage tranquille :
« O Zarina ! ce soir je t'attendrai
Dans le bocage, au couchant de notre île. »
Et Zarina répondit : « J'y serai. »
II s'éloigna. L'insulaire tremblante Alla s'asseoir sous le mancenillier , Et commença, d'une voix faible et lente, Ce chant lugubre, et qui fut le dernier:
« Viens , Nélusko ! La. feuille balancée • Frémit au loin sous les vents en courroux. « Ta nuit d'amour sera triste et glacée, « Et mon sommeil sera paisible et doux.
o O charme pur! ô voluptés nouvelles!
« Esprit de l'air, est-ce toi que j'entends ? « Viens-tu déjà m'emporter sur tes ailes « Vers les bosquets de l'éternel printemps ?
« Je t'ai gardé le baiser de ma bouche, « Mon jeune ami! viens te rejoindre à moi « Dans ce séjour où le maître farouche « Ne dira plus : Je t'aime , et je suis roi. »
Elle disait. Déjà sur sa paupière Le long sommeil descendait lentement; Lorsqu'à grands pas, traversant la bruyère , Soudain parut Zéphaldi son amant.
Il la cherchait. O terreur ! sous l'ombrage A peine il vit sa belle Zarina,