LIVRE I
De tout ce qu'elle aimait je reste environne. L'aiguille qui du temps, dans ses douze demeures, Ne marque plus les pas, ne fixe plus le cours,
Laisse en silence fuir ces heures
Qu'il faut retrancher de mes jours.
Plus loin, dans l'angle obscur, une harpe isolée,
Désormais muette et voilée, Dort, et ne redit plus le doux chant des amours. Sous ces rideaux légers , les songes , autour d'elle
Balançant leur vol incertain.
Des souvenirs du soir charmaient, jusqu'au matin. Le paisible sommeil qui la rendait plus belle.
Sur ce divan, étoile d'or,
Qu'inventa l'opulente Asie ,
De ses cheveux je crois encor
Respirer la pure ambroisie.
J« revois le flambeau qui près d'elle veillait
A l'instant où sa main chérie
go ELEGIES.
Traça dans un dernier billet Ces mots : « C'est pour toute la vie... » Mots charmants ! Oh ! déjà seriez-vous effacés ? Ne resterait-il plus à mon ame flétrie Qu'un regret douloureux de mes plaisirs passés ?