‹ uvres complètes de Millevoye (volume 4)Chapitre 8 sur 100 · LA PROMESSE · texte numérisé non relu

LA PROMESSE

Il est donc vrai I tu veux qu'en mon lointain voyage Sous lie ciel d'Orient j'emporte ton image ; Et d'un espoir douteux abusant mon amour , Ta bouche me promet les baisers du retour. Du retour !... Tu l'as vu cet éclatant navire ! Et sa poupe et ses mâts de fleurs étaient ornés; En ses pavillons d'or il tenait enchaînés

Et la fortune et le zéphyre.

Avant peu , disait-on , il reverra le port. Et bien ! les jours ont fui. L'inquiète espérance A l'horizon des mers cherche en vain sa présence, Il ne reviendra plus. Si tel était mon sort !

Hélas ! du voyageur la vie est incertaine! S'il échappe aux brigands de la forêt lointaine, Le désert l'engloutit dans les sables profonds, Ou sur d'âpres chemins les coursiers vagabonds Dispersent de son char la roue étineelante , Et brisent sa tête sanglante Au penchant rapide des monts.

Et je pars ! Ah ! détourne un funeste présage , Et pour moi désormais les cieux s'embelliront ; Et dans mon fortuné voyage Je verrai , pure et sans nuage , L'étoile du bonheur rayonner sur mon front.

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