LIVRE III. ai
O ma Nelzi ! je te dis : « Sois à moi ! »
IVi ma cabane, à mon cœnr toujours chère,
Qu'en ses vieux ans mon père me transmit;
Ni le ruisseau de la roche où ma mère
Du grand sonMneil dans mes bras s'endormit,'
• Un soir (c'était à cette même source) Je reposais sous le vert citronnier :
Les blancs cruels revinrent de leur course ; A mon réveil , j'étais leur prisonnier.
Je résistais : l'un d'eux fit sur ma tête Tomber les coups de la verge de fer.
Désespéré , j'invoquai la tempête ; Et je pleurais en regardant la mer. ••
Comme il chantait sa chanson d'esclavage^ Le négrier * sm* ces bords descendit
* Vaisseaa destiné à la traite des N«gre«,
2i6 CHANTS ÉLÉGIAQUES.
Un habitant de son lointain rivage.
Zabbi l'appelle , et, l'embrassant, lui dit :
« De ma Nelzi , frère, quelle nouvelle ? »
L'autre se tait, triais il montre les cieux.
« Je t'entends : morte. Et l*enfant ? — mort comme elle.
— Bien. » Et la joie éclata dans ses yeux.
Deux jours entiers , jetant sa nourriture ,
Il haleta sous un ciel embrasé ; •
Et, du matin jusqu'à la nuit obscure,
De ses sueurs le sol fut arrosé.
Vers le retour de la troisième aurore ,
La verge en main , le maître reparut :
« Lève toi ! — Non ; je puis dormir encore ;
Je deviens libre. » Et sur l'heure il mourut.
FIN DU TROISIÈMK ET BERNIKR LIVRE.