‹ uvres complètes de Millevoye (volume 4)Chapitre 79 sur 100 · DERNIÈRE VERSION · texte numérisé non relu

DERNIÈRE VERSION

De la dépouille de nos bois L'automne avait jonché la terre; Et sur la branche solitaire Le rossignol était sans voix.

Triste , et mourant à son aurore , Uu jeune malade, à pas lents , Parcourait une fois encore Le bois cher à ses premiers ans.

« Bois que j'aime ! adieu.... je succuiabe. Tou deuil m'avertit de mon sort ; Et dans chaque feuille qui tombe Je vois un présage de mort.

Fatal oracle d'Epidaure , Tu m'as dit : « Les feuilles des bois « A tes yeux jauniront encore ; « Mais c'est pour la dernière fois.

« L'étemel cyprès se balance; « Déjà sur sa tête en silence << II incline ses longs rameaux :

I Ta jeunesse sera flétrio

NOTES. î»a3

« Avant riierbe de la prairie, « Avant le pampre des coteaux. »

£t je meurs ! de leur froide haleine M'ont touché les sombres autans, £t j'ai vu , comme une ombre vaine , S'évanouir mon beau printemps.

Tombe, tombe, feuille éphémère : - Couvre hélas ! ce triste chemin.

Cache au désespoir de ma mère La place oii je serai demain.

Mais si. mon amante voilée Au détour de la sombre allée Venait pleurer quand le jour fuit.

Eveille par un faible bruit Mou ombre uu instant consolée. »

Il dit , s'éloigne... et , sans retour , La dernière feuille qui tombe A signalé son dernier jour.

Sous le chêne on creusa sa tombe.

Sa mère peu de temps, hélas!

Visita la pierre isolée ,

Mais son aoiaute ue vint pas; Et le pâtre de la vallée Trouble seul du bruit de ses pas Le sileucs du mausolée.

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