‹ uvres complètes de Millevoye (volume 4)Chapitre 95 sur 100 · LE REFRAIN DU VIEUX TEMPS · texte numérisé non relu

LE REFRAIN DU VIEUX TEMPS

ou L'ADIEU DE LA JOUVENCELLE.

1 L faut partir; l'amour en vain murmure. En Orient vont flotter nos drapeaux.

Sors à ma voix des langueurs du repos; Je veux moi-même attacher ton armure. . L'honneur t'appelle; il te répétera:

Fais ce que dois; advienne que pourra!

Grave mon nom sur le fer de ta lance , Et de ta dame accepte le portrait;

Il est sans art , mais c'est moi trait pour trait : Art du pinceau vaut moins que ressemblance. Dans les dangers il te protégera :

Fais ce que dois ; advienne que pourra.

Du vieux refrain garde bien souvenance ; C'est le refrain de tout preux chevalier. Ce cri de guerre était leur bouclier , Et maintenait leur noble contenance.

Gloire est promise à qui répétera :

Fais ce que dois ; advienne que pourra.

Si la beauté de quelque orientale

Te rend jaloux des droits de son sultan ,

Contre ton sein posée en talisman ,

Que mon image écarte ma rivale.

Reste fidèle à qui te le sera :

Fais ce que dois ; advienne que pourra.

a88 ROMANCES.

J'appris naguère, aux feuilles d'une rose, L'art de connaître un infidèle amant ; Mais j'aime mieux en croire ton serment. Pour trop savoir, trop souvent l'on s'expose. A tout hasard ton cœur me restera :

Fais ce que dois ; advienne que pourra.

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