FABLE
B!odilard n'était plus; le bruit de son trépas
Retentissait parmi les rats.
O joie inattendue ! on dit que la nouvelle
Fut célébrée entre eux et les souris " Par une fête solennelle.
.Toutefois par prudence ils gardent le logis :
Car les doyens, dont on suit les avis, Connaissant de ce chat la pratique rusée , Soupçonnent de sa part une mort supposée. Si souvent l'enragé, friand de tels exploits, Avait trompé les rats par ce tour d'habitude"
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Qu'ils en avaient enfin fait assez bonne étude. i
Dix fois il était mort, ressuscité dix fois ;
Et cependant, hélas! par un destin contraire,
Les morts qu'il avait faits ne ressuscitaient guère.
Mais ainsi qu'il arrive aux hommes comme aux chats
Rodilard n'était plus; un fidèle message ,
Et mieux encor la paix du voisinage ,
Avaient enfin confirmé son trépas.
Parmi les rats alors on tint séance.
Et là le président dit d'un ton d'importance : « Sans doute que pour nous va naître l'âge d'or, « Puisque de Rodilard a cessé l'existence; « Mais tout n'est pas fini; car son fils reste encor : « C'est à nous d'achever ce que le ciel commence; « Jurons de l'immoler! rats et souris, jurons!
« C'est un enfanij'maig cet enfant nous gêne;
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« Le marmot grandira trop tôt pour notre peine; « S'il ne meurt sous nos coups sous les siens nous mourrons. Durant la conférence, où le sang froid préside, *' T t Tandis que de l'état le destin se décide, Certain rat , aposté pour servir d'éclaireur , Voit le jeune orphelin , l'annonce en diligence... Cet avis prompt devint non un signal de peur Mais un signal de guerre ; on crie à la vengeance ,
On s'arme , on part et cent rats sont sur pié. « Il n'échappera pas ! à mort! point de pitié !
« Jusqu'au dernier nous détruirons l'engeance ;
« Nous en avons déjà trop essuyé!
« Tu périras! et même si ton père!...
«Mais il est mort, pour lui fort à propos... » Comme ils disaient ces derniers mots, Notre chat dont les rats, aveuglés de colère ,
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Faisaient déjà leur proie en leurs petits cerveaux, Part, fait dix bonds, arrive en leur présence. On dit que la griffe et la dent.
Tombant partout au même instant, Eurent bientôt, sans indulgence.
Fait maint cadavre de maint chef, Et maint monceau de maint bataillon.... bref, Les plus prudens seuls échappèrent.
Et dans leurs souterrains rentrèrent, <En criant : « Citoyens ! c'est fait de notre sort! « Nous vousl'avionsbien dit : Rodilard n'est pas mort !
Que conclure de cette fable, Et de ce fait ancien mais véritable ?
Dois-je inférer qu'un fils toujours-