‹ uvres complètes de MillevoyeChapitre 24 sur 40 · EGLOGUE CINQUIEME · texte numérisé non relu

EGLOGUE CINQUIEME

Le Daphnis est une des plus touchantes élégies de l'antiquité. Comme les premières paroles de ce chant pastoral disposent l'ame aux impressions qu'elle va ressentir !

Extinctum Nympha; crudeli funere DapLnin Flebant.

Quelle grâce triste et rêveuse dans l'harmonie du premier vers et dans la lenteur du spondée jeté au commencement du second avec le vague abandon de la douleur !

Daphni, fiuim Pœnos etiam ingemiiisse leoncs Interitum montesque feri silvaeque loqtuintur.

Le prodige est double. Les monstres et les forets ont raconté les gémissements des lions africains. J'ai conservé la même force dans ma traduction.

Damnabis tu quoque votis.

Pour l'intelligence de ce passage , il faut se rappeler les usages religieux des anciens , chez qui les vœux devaient être accomplis dès lors qu'ils étaient exaucés ; idée que j'ai voulu exprimer en traduisant ainsi :

Daphnis , comme Cérès et le dieu des vendanges. Forcera nos tributs en exauçant nos vœux.

Cette ai)othéose de Daphnis , devenu tout à coup une divinité champêtre , m'a donné l'idée d'une autre fiction du même genre , qui a du moins le mérite de la brièveté. La voici :

NOTEvS.

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