SCÈNE I. — PREMIER MÉDECIN, SBRIGANI
PREMIER MÉDECIN
II a forcé tous les obstacles que j'avois mis , et s'est dérobé aux remodes que je commonçois de lui faire.
SBRIGANI
C'est être bien ennemi de soi-même , que de fuir des remèdes aussi salutaires que les vôtres.
PREMIER MÉDECIN
Marque d'un cerveau démonté, et d'une raison dépravée, que de ne vouloir pas guérir.
SBRIGANI
Vous l'auriez gviéri haut la main.
PREMIER MÉDECIN
Sans doute : quand il v auroit eu complication de douze maladies.
Cependant voilà cinquante pistoles bien acquises qu'il vous fait perdre.
PREMIER MÉDECIN
Moi, je n'entends point les perdre , et je prétends le guérir en dépit qu'il en ait. 11 est lié et engagé à mes remèdes, et je veux le faire saisir où je le trouverai , comme déserteur de la médecine, et infracteur de mes ordonnances.
SBRIGANI
Vous avez raison. Vos remèdes étoient un coup sûr, et c'est de l'argent qu'il vous vole.
PREMIER MÉDECIN
OÙ puis-je en avoir des nouvelles?
SBRIGANI
Chez le bon homme Oronte assurément, dont il vient épouser la fille, et qui, ne sachant rien de l'infiriuité de son gendre futur, voudra peut-être se hâter de conclure le mariage.
PREMIER MÉDECIN
Je vais lui parler tout à l'heure
132 MONSIEUR DE POURCEAUGNAC
SDRIGANI.
VoHS ne ferez point mai
PREMIER MÉDECIN
Il est hypothéqué à mes consultations, et un.maladenr 8e moquera pas d'un médecin.
C'est fort bien dit à vous; et, si vous m'en croyez, vous ne souffrirez point qu'il se marie , que vous ne l'ayez pansé tout votre soûl.
PREMIER MEDECIN
Laissez-moi faire
SBRIGANI, a pan, en s'en allant.
Je vais , de mon côté , dresser une autre batterie ; et le beau-père est aussi diuie aue le gendre