‹ uvres complètes de MolièreChapitre 11 sur 553 · SCÈNE V. — HARPAGON, ÉLISE et CLÉANTÈ, patUnt · texte numérisé non relu

SCÈNE V. — HARPAGON, ÉLISE et CLÉANTÈ, patUnt

eniemble, et reslanl dans le fond du lliéàtre. HARPAGON , se oroyanl seul.

Cependant, je ne sais si j'aurai bien fait d'avoir enterré, dans mon jardin, dix mille écus qu'on me rendit hier. Dis

mille écus en or chez soi est une somme assez (a pan,

apeice\ani Élise et ciéantc.) 0 ciel! je me Serai trahi moi-même? la chaleur m'aura emporté, et je crois que j'ai parlé haut, en raisonnant tout seul, (a ciéanie et à éhsc.) Qu'est-ce?

CLÉANTE

Rien, mon père.

HARPAGON

Y a-t-il longtemps que vous êtes là?

ÉLISE

Nous ne venons que d'arriver.

HARPAGON

Vous avez entendu...

CLVANTE

Quoi , mon père?

HARPAGON

La...

ÉLISE

Quoi?

> Toutlras, et que Jupuer el toui \ei dieux puiMenl le confondre! — Il me re- » roercie bien poliment. >

HARPAGON

Ce que je

viens

de d

re?

CLÉAtSTE.

Non

HARPAGON

Si fait, si

fait.

ÉLISE

Pardonnez

-moi.

HARPAGON

Je vois bien que vous en avez ouï quelques mots, C'est que je m'entretenois en moi-même de la peine qu'il y a aujourd'hui à trouver de l'argent, et je disois qu'il est bien heureux qui peut avoir dix mille écus chez soi.

Nous feignions i à vous aborder , de peur de vous interrompre.

HARPAGON

Je suis bien aise de vous dire cela , afin que vous n'alliez pas prendre les choses de travers , et vous imaginer que je dise que c'est moi qui ai dix mille écus *.

CLÉANTE

Nous n'entrons point dans vos affaires.

HARPAGON

Plût à Dieu que les eusse, dix mille écus !

CLÉANTE

Je ne crois pas...

HARPAGON

Ce seroit une bonne affaire pour moi

' Feindre, dans le sens d'hésiter.

* On trouve, dans noe facélie du quiozième siècle, une tirade qui offre qocii/U ualogie avec la scène ci'dessuf :

a Premier to te met* en dangier » De perdre le boire et manger,

> D'avance qui te tiendra;

» Puis !• grand diable viendra

> Qui te dira qu'on te dérobe...

> Va rische a toujours double et tremble

> De paoïir qu'on lui emhU le sien ;

> Hais an poure bomme qui n'a ne*

> Jamais II ne craint le deschet;

> Car qui n'a rien, rien ne lui cbet. »

Toyei le Dialogue beau et afable, et à Unîtes ofnt mnuU. delectakU d et f un fol, etc. Pari» (san« •^nie).

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