ACTE II, SCENE XII. U
MONSIEUR DE POURCEAUOAC.
Moi! point du tout, je suis gentilhomme.
SBRIGANI
II faut bien, pour parler ainsi, que vous ayez étudié la s tique.
MONSIEUR DE POURCEACGNAC.
Point. Ce n'est que le sens commun qui me fait juger que je seiai toujours reçu à mes faits justificatifs, et qu'on ne sauroit condamner sur une simple accusation , sans ud récokment et confrontation a\Tc mes parties.
SBRIGAKI.
fin voilà du plus fin encore.
MONSIEUR DE POURCEAUCNAC.
Ces mots-là me viennent sans que je les sache.
SBRIGAM.
II me semble que le sens commun d'un gentilhomme peut bien aller à concevoir ce qui est du droit et de l'ordre de la justice, mais non pas à savoir les vrais termes de la chicane.
MONSIEUR DE POURCEAUCNAC.
Ce sont quelques mots que j'ai retenus en lisant les romans.
Ah ! fort bien.
MONSIEUR DE POURCEAUCNAC.
Potir VOUS montrer que je n'entends rien du tout à la chicane, je vous prie de me mener chez quelque avocat, pour consulter mon affaire.
SBRIGANI
Je le veux, et vais vous conduire chez deux hommes fort habiles ; mais j'ai auparavant à vous avertir de n'être point surpris de leur manière de parler ; ils ont contracté du barreau certaine habitude de déclamation qui fait que l'on diroit qu'ils chantent ; et vous prendrez pour musique tout ce qu'ils vous diront.
MONSIEUR DE POURCEAUCNAC.
Qu'importe comme ils parlent, pourvu qu'ils me disent ee que je veux savoir !
150 MONSIEUR DE POURCEAUGNAC
SCÈNE Xm. — MONSIEUR DE POURCEAUGNAC, SBRI- GAM , DKUX AVOCATS, DEUX PROCUREURS, DEUX SERGliiNTS.
PREMIER AVOCiiT, traîoanl «es paroles en chantsat.
La polygamie est un «•■■'.s.
Esl un cas pciidabic.
SECOND AVOCAT, cban'.aitl fur; vile en kieducillaïS..
Votre fait
Est clair et net;
Et tout de droit,
Sur cet endroit ,
Conclut tout droit.
Si vous consultez nos auteurs , Législateurs et glossateur», Justinian , Papinian , Ulpian , et Tribonian , Fernand , Rebuffe , Jean Imole , Paul . Castie , Juiian , Barthoie , Jasou , Alciat, et Cujas,
Ce grand homme bi capable ; La polygamie est u:i cas.
Est UQ cas pendable.
ENTRÉE DE BALLET
Danse de deux procureurs et de deux sergents, peniian» qcs ic SECOTiD AVOCAT chante les paroles qui suiv.;:U :
Tous les peuples policés
Et bien sensés ; Les François, Anglois, Hollandois, Danois , Suédois , Polonois , Portugais, Espagnols, Flamands,
Italiens, Allemands, Sur ce fait tiennent loi semblable; Et l'affaire est sans embarras :
La polygamie est un f^^s.
Est un cas pendal»