SCÈNE VIII - ÉLISE, VALÈRE
ÉLISE
Vous moquez-vous , Valère , de lui parler comme vous faites ?
VALÈRE
C'est pour ne point l'aigrir , et pour en venir mieux à bout. Heurter de front ses sentiments est le moyen de tout
' Dans la \iièce latine, Mégatiore fait «es propoiitiens de mariage : EuclioD y coetext, mais à une condition ; Je veux bien, dit-il, qu cet hymeo s'accomplisse ; caais n'oubliez pas que vou» vous êtes engagé à prendre ma lille sans dot
Fiiiint; illuii faciio lit incmiD<fris
C3QveDip>e ut ne quid doiis mea ad te aiïerret filia. (Petitou}
£8 L'AVARL.
gâler; et il y a de certains esprits qu'il ne faut prendre qu'eu biaisant; des tempéraments ennemis de toute résistance; des naturels rétifs, que la vérité fait cabrer, qui toujours se roidissent contre le droit chemin de la raison , et qu'on ne mène qu'en tournant où IV veut les conduire. Faites semblant do consentir à ce qu'il veut, vous en viendrez mieux à vos fins; et...
ÉLISE
Mais ce mariage, Valère !
On cherchera des biais pour le rompre
ÉLISE
Mais quelle invention trouver, s'il se doit conclure ce soir?
VAl.ÈRE.
Il faut demander un délai, et feindre quelque maladie.
ÉLISE
Mais on découvrira la feinte, si l'on appelle des médecins.
VALÈRE
Vous moquP7-vous? Y connoissent-ils quelque chose? Allez, allez, vci s pourrez avec eux avoir quel mal il vous plaira ; ils vou^. trouveront des raisons pour vous dire d'où cela vient.