‹ uvres complètes de MolièreChapitre 18 sur 553 · SCÈNE VIII - ÉLISE, VALÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII - ÉLISE, VALÈRE

ÉLISE

Vous moquez-vous , Valère , de lui parler comme vous faites ?

VALÈRE

C'est pour ne point l'aigrir , et pour en venir mieux à bout. Heurter de front ses sentiments est le moyen de tout

' Dans la \iièce latine, Mégatiore fait «es propoiitiens de mariage : EuclioD y coetext, mais à une condition ; Je veux bien, dit-il, qu cet hymeo s'accomplisse ; caais n'oubliez pas que vou» vous êtes engagé à prendre ma lille sans dot

Fiiiint; illuii faciio lit incmiD<fris

C3QveDip>e ut ne quid doiis mea ad te aiïerret filia. (Petitou}

£8 L'AVARL.

gâler; et il y a de certains esprits qu'il ne faut prendre qu'eu biaisant; des tempéraments ennemis de toute résistance; des naturels rétifs, que la vérité fait cabrer, qui toujours se roidissent contre le droit chemin de la raison , et qu'on ne mène qu'en tournant où IV veut les conduire. Faites semblant do consentir à ce qu'il veut, vous en viendrez mieux à vos fins; et...

ÉLISE

Mais ce mariage, Valère !

On cherchera des biais pour le rompre

ÉLISE

Mais quelle invention trouver, s'il se doit conclure ce soir?

VAl.ÈRE.

Il faut demander un délai, et feindre quelque maladie.

ÉLISE

Mais on découvrira la feinte, si l'on appelle des médecins.

VALÈRE

Vous moquP7-vous? Y connoissent-ils quelque chose? Allez, allez, vci s pourrez avec eux avoir quel mal il vous plaira ; ils vou^. trouveront des raisons pour vous dire d'où cela vient.

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