‹ uvres complètes de MolièreChapitre 214 sur 553 · ACTE III, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IX

COVIELLE

Pour sa faille, elle n'est pas i;rande

CLÉONTE

Non ; mais elle est aisée et bieu prise.

COVIELLr.

Elle affecte une nonchalance dans sou parier si âsns ses actions...

CLÉONTE

Il est vrai; mais elle a pracè '» tout cela ; et ses manière» sont engageantes, ont je ne sais quel charme à s'insinuer dans les cœurs.

COVIELLE

Pour de l'esprit...

CLÉONTE

Ah! elle en a, Covielle, du plus fin, du plus délicat,

COVIEl.LE.

Sa conversation...

CLEONTE.

Sa conversation est charmante.

COVIELLE

Elle est toujours sérieuse.

CLÉONTE

Ycux-tu de ces enjouements épanouis, de ces joies toujours ouvertes? et vois-tu rien de plus impertinent que les femmes qui rient à tout propos ?

COVIELLE

Mais, enQn, elle est capricieuse autant que personne du monde.

CLÉONTE

Oui, elle est capricieuse, j'en demeure d'accord y mais to it sied bien aux belles, on souffre tout des belles.

COMELLE

Puisque cela va comme cela , je vois bien que vous avez envie de l'aimer toujours.

CLÉONTE

Moi? j'aimerois mieux mourir; et je vais la haïr autant que je l'ai aimée.

COVIELLE

Le moyen, si vous la trouvez si parfaite?

CLÉONTE

C'est en quoi ma vengeance sera plus éclatante, en quoi III. ic

|e veax faire mieux voir la force de mon cœur à la haïr, à la quitlcr, toute belle, toute pleine d'allrails, tout aimable que je la trouve. La voici.

Page 1