‹ uvres complètes de MolièreChapitre 232 sur 553 · SCÈNE V. — MONSIEUR JOURDAIN; COVIELLE, dégu.sé · texte numérisé non relu

SCÈNE V. — MONSIEUR JOURDAIN; COVIELLE, dégu.sé

COVICELE.

Monsieur, je ne sais pas si j'ai l'honneur d'être connu de

TOUS

MONSIEUR JOURDAIN

Non, monsieur.

COVIELLE, étendant la main à an pied de terre.

Je vous ai vu que vous n'étiez pas plus grand que cela.

MONSIEUR JOURDAIN

Moi?

COVIELLE

Oui. Vous étiez le plus bel enfant du monde, et toutes le» dames vous prenoieut dans leurs bras pour vous baiser.

MONSIEUR JOURDAIN

Pour me baiser?

COVIELLE

Oui. J'étois grand ami de feu monsieur vofre péro

MONSIEUR JOURDAIN

De feu monsieur mon père?

COVIELLE

Oui. C'étoit un fort honnête gentilhomme.

MONSIEUR JOURDAIN

Comment dites-vous ?

COVIELLE

Je dis que c'étoit un fort honnête gentilhsmiR©.

MONSIEUR JOURDAIN

Mon père /

COVIELLE

Oui.

MONSIEUR JOURDAIN

Vous l'avez fort connu?

Assurément.

MONSIEUR JOURDAIM

Et VOUS l'avez connu pour gentilhomme?

COVIELLE

Sans doute.

MONSIEUR JOURDAIN

Je ne sais donc pas comment le monde est fait ?

COVIELLE

Comment?

MONSIEUR JOURDAIN

Il y a de sottes gens qui me veulent dire qu'il a é^ marchand.

COVIELLE

Lui, marchand! C'est pure médisance, il ne l'a jamais été. Tout ce qu'il faisoit, c'est qu'il étoit fort obligeant, fort officieux ; et, comme il se connoissoil fort bien en étoffes , il en alloit choisir de tous les côtés, les faisoit apporter chej lui, et en donnoit à ses amis pour de l'argent.

MONSIEUR JOURDAIN

Je suis ravi de vous connoitre, afin que vous rendiez o« témoignage -là, que mon père étoit gentilhomme.

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