CÉRÉMONIE TURQUE
LE MUPHTI, DERVIS, TL'RCS. assislanU du muphti, chantant» et dansants.
PREMIÈRE ENTRÉE DE BALLET
Six Turcs entrent gravement deux à deux, an sou des instruments. Ils portent trois tapis qu'ils lèvent fort haut, après en avoir fait, en dansant, plusieurs figures. Lès Turcs chantants passent par-dessous ces tapis pour s'aller ranger aux deux côtés du théâtre. Le muphti, accompagné des dervis, ferme cette marche.
Alors les Turcs étendent les tapis par terre, et se mettent dessus à genoux. Le muphti et les dervis restent debout au milieu d'eux ; et, pendant que le muphti invoque Mahomet, en faisant beaucoup de contorsions et de grimaces, sans proférer une seule parole, les Turcs assistants se prosternent jusqn'à terre, chantant Alli, lèvent les bras au ciel, en chantant Alla '; ce qu'ils continuent jusqu'à la fin de l'invocation, après laquelle ils se lèvent tous, chantant Alla eckber ' ; et deux dervis vont chercher monsieur Jourdain.
SCÈNE X. — LE MLPHTI, DERVIS, TURCS chantanu et dansants; MONSIEUR JOURDAIN vêtu à la turque, la tèle rasée. »tx turban et s3os sabre'.
LE MtPHTI, à monsieur Jourdaïa.
Se ti sabir, Ti respondir; Se non sabir, Tazir, Çazir.
Mi star tttuphti, Ti qui star si?
'Lulli, déjà célèbre, avait composé ta musique de coite cérémonie.
* Alli et Alla, qui s'i'crii Allah, signifient Dieu.
• -41^0 et/.b*' «#'■■***' Dieu est grao I.
A(.TV: IV, SCENE XI. 3ftS
Non iiilendir; Ta/ir, îazii'.
(Dcui dervis font retirer monsieur Jourdain.) SCÈNE XI. — LE MUPHTI, DERVIS, TURCS cl>antanls et dansa. t. LE MUPHTI.
Diee, Turque, qui star quista? Ânabatista? anabatistù?
LES TLRCS.
LE MIPIITI.
LES TLRCS.
LE MUPHTI
LES TinC3.
loc.
Zuinglista?
loc.
Coffita?
loc.
LE MUPHTI
Hussita ? Morista ? Fronisfa ?
LES TLUCS.
loc, ioc, ioc'.
LE MUPHTI
Ioc, ioc, ioc. Star pagana?
LES TURCS
Ioc.
LE MIPIITI.
Luterana ?
LES TIR es.
Ioc.
'Ces deux petits couplets chaniës p:ir le mupbti sont en langue franqcie. Oa lail que cette langue, parlée daus les Étals barbaresques, est un mélange corrompu d'ilalien, despagnol, de portrigais, etc., dans lequel les verbes sont emf>loyés à l'Infinitif seulement, comme dans le jargon des nègres de noi colonies. Toici l'explication de; deux couplets : < Si lu sais, réponds; si tu ne sais pas, > tais-toi. Je 3uis le miiphli. Toi, qui es-tu? Tu ne comprends pas, tais-toi. > fout ce qui te dit dans le reste de l'acte est également en langue franque, i l'exception de quelques mots turcs qui seront traduits à mesure. (Auger.)
' « Dis, Turc, qui est celui-ci ? Esl-il anabaptiste ? > — Ioc; ou plutôt yoe, mol turc qui signifie, non. — Zuinijlista, zninglien, ou de h secte de Zuiugle. — Cofjita, coplillle oG cophte, cbn ln'ii d'Égvpie, de la secte des jacotules. — Uussita, liussite, on de la secte de Man Huss. — Jifcrista, more. — FroriisJo, pBiiablcnient ptroniste, ou conlcm; l.il.f. » (Au^er.l
306 LE BOURGEOIS GEN TiHiOMME.
LE BIUPHTI.
Puritana?
LES TLRCS.
ÎOC.
LF MUPHTI.
Braniiua? Moffina? Zurina ?
LES TCRCS.
loc, ioc, ioc.
LE MUPHTI
Ioc, ioc, ioc. Mahametana ? Mahamelan» ^
LES TURCS
m Valla. Hi Vaila.
LE MLPIiri.
Como chan.ara? Como charrrara ' ?
LES TURCS
Giourdina, Giourdina.
LE MCPHTI, sautant.
Giourdina, Giourdina
LES TURCS
Giourdina, Giourdina.
LE MUPHTI
Mahameta, per Giourdina, Mi pregar sera e matina.
Voler far un paladina De Giourdina , de Giourdina j Dar turbanta , e dar scarrina, Con galera, e brigantina, Per deffender Palestina.
Mahameta, per Giourdina, Mi pregar sera e maliua.
(Aux Turcs.)
Star bon Turca Giourdina'^?
'« ESl-il païen? » — Luterana, lutbérien. — Purttana, puritain. — ^remina, bramine. — Quant à Mofftna et à Zurina, ce sont piobablement des aonu d'invention ; au moins ne les ai-je trouvés dans aucun des livres qui traitent det religions et des sectes religieuses. — Ui Valla, mots arabes, qui devraient être écrits, Ei Vallah, et qui signifient : Oui, par Dieu. — Como ehamara, Com ment se noitime-l-il? (Auger.)
' Les questions du miipbti anx Turcs, et les réponses de ceux-ci, ont été imprimées, pour la première fois, dans l'édition de 1682. L'édition originale porte seulement ces mots, qui les indiquent : < Le muphti demande en même langue > aux assistants, de quelle religion est le Bourgeois, et ils l'assurent qu'il est