‹ uvres complètes de MolièreChapitre 238 sur 553 · SCÈNE XIII. — LE MUPHTI. DER VIS, MONSIEUR JOURDAIfe · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII. — LE MUPHTI. DER VIS, MONSIEUR JOURDAIfe

TURCS chantants et dansants.

Le iiiiiphti revient coiffé avec son turban de cérémonie, qui est •l'une grosseur démesurée, et garni de bougies alliiniées à auatre ou cinq rangs; il est accompagné de deux dervis qui portent l'Alcoran, et qui ont des bonnets pointus, garnis aussi (II' bougies allumées.

Les deux autres dervis amènent monsieur Jourdain, et le font mettre à genoux, les mains parterre, de façon que son dos, sur lequel est mis l'Alcoran, sert de pupitre au muphti, qui fait une jeconde invocation burlesque, fronçant le sourcil, frappant de temps en temps sur l'Alcoran, et tournant les fetiillets avec précipitation ; après quoi, en levant les bras au ciel, le muphti crie à haute voix ; Hou.

Pendant cette seconde invocation, les Turcs assistants, s'inclinant et se relevant alternativement, chantent aussi Hou, kou, hou.

MONSIEUR JOURDAIN , aprèt qu'on lui a ôté 1 Alcoran de deisus le dot.

Ouf.

LE MUPHTI, à monsieur Jourdain.

Ti non star furba?

LES TURCS

No, 110, 110

» mabomélaQ. » Les éditeurs de 1682 ont fait entrer dan» leur texte ce qui «o disoità la repréientalion. — « Je prii-rai soir cl matin Mahomet pour Joi'rdaiD.

> le veux faire de Jourdain un (laladin. Je lui donnerai turban et sabre, avec • galère et brigantin, pour défendre la Palestine. Je prierai soir et malin Ma-

> bomet pour Jourdain. [Aux Turcs.] Jourdain est-il bon Turc? > (Aager.)

Comme on l'a vu plus haut, Hi Valla. ou pluièi Ei Vallah, signi6e, ea turc:Oui, par Dieu. Ces syllabes, ainsi détachées, n'ont aucun «eus. Mais, ei ie» rapprochant, et en recliGant ce qu'elles ont d'incorrect, on eu forme aisé- ^enl ces mots: Allah, baba, hou, Allah, baba, qui sont vérilablement imcg M oui siosiiieat : S>£u> mou ncie i Oieu. Dieu, mon père. (Auger.l

LE ML'PHTI.

Kon star forfanta ?

LES TURCS

No, no, no.

LE MUFilTI, anx Turcs.

Donai* turbanta.

LES TLRCS.

Ti non star furba?

No, no, no.

Non slar forfanta?

No, no, no.

Donar lurbanta ••

TROISIÈME ENTREE DE BALLET

Les Turcs dansants mettent le turban sur la tête de moosia Jourdain au son des instruments.

LE MUPHTI, donnant le sabre à monsieur Jourdain.

Ti slar nobile, non star fabbola.

Pigliar schiabbola.

LES TURCS, meUant le sabre à la main.

Ti star nobile, non star fabbola Pigliar schiabbola.

QUATRIÈME ENTRÉE DE BALLE I

Les Turcs dansants donnent en cadence plusieurs coups de sabre à monsieur Jourdain.

LE MUPHTI

Dara, dara Bastonnara.

Dara, dara Bastonnara *

CINQUIÈME ENTRÉE DE BALLET

Les Turcs dansants donnent à monsieur Jourdain des coups dt bâton en cadence.

' Hou, mol arabe qui signifie lui, est un dos noms que les musulmans dont>;nl à Dieu; ils ne le prononcent qu'avec une crainte respectueuse. — < T« > n'es point f urbe? — Tu n'es point imposteur? — Donnez le turban. >

(Aui.'er.')

' «îu «* nob'£a ce n'e«t point une fable. Prends ce sabre.»— < Donnez, do*

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