‹ uvres complètes de MolièreChapitre 245 sur 553 · SCÈXE IV. — MONSIEUR JOURDAIN, DORIMÈNE · texte numérisé non relu

SCÈXE IV. — MONSIEUR JOURDAIN, DORIMÈNE

DOUANTE, CLÉONTE, habillé en Turc DORANTE , à Cléonte.

Monsieur, nous venons faire la révérence à Voire Altesse, comme amis de monsieur votre beau-père, et l'assurer avec respect de nos très humbles services.

MONSIEUR JOURDAIN

Où est le truchement, pour lui dire qui vous êtes, et lui faire entendre ce que vous dites? Vous verrez qu'il vous répondra ; et il parle turc à merveille, (a ciéonie.) Holà ! où diantre est-il allé? Strouf, slrif, sirof, slraf. Monsieur est un grande segnore, grande scgnore, grande scgnore ; et madame , une granda dama, granda dama. (Voyam qu'u ne se fan

point entendre.] Ah! (A CU-onte, montrani Dorante.) Monsieur, lui ma~

mamoitchi t'iançois , et madame mamamouchie françoise. Je ne puis pas parler plus clairement. Bon ! voici l'interprète.

SCÈNE V. — MONSIEUR JOURDAIN, DORIMÈNE, DO- RANTE; CLÉONTE, hal.ilIcenTurc; COVIELLE , déguisé.

OÙ allez-vous donc? nous ne saurions rien dire sans vous. iMontraoi Cléonte.) Ditcs-lui uu peu que monsieur et madame •ont des personnes de grande qualité, qui lui viennent faira III. 18

la révérence , comme mes amis , e' l'assurer de leurs services. (ADoriméneetàDoranie.) Vous allez voir comme il va répondre.

CO VIELLE

Âlabala crociam acci boram alabamen.

CLÉONTE

Calalequi lubal ourin soter amalouchan.

MONSIEDR JOURDAIN y à Dori mené el à Dorante.

Voyez-vous ?

COVIELLE

Il dit que la pluie des prospérités arrose en tout temps l« jardin de votre famille.

MONSIEUR JOURDAIN

Je vous l'avois bien dit, qu'il parle turc.

DORANTE

Gela est admirable.

SCÈNE VI. — LUCILE, CLÉONTE, MONSIEUR JOURDAIN, DORIMÈNE, DORANTE, COVIELLE.

MONSIEUR JOURDAIN

Venez , ma fihe ; approchez-vous , et venez donner votre main à monsieur, qui vous fait l'honr.eur de vous demander en mariage.

LUCILE

Comment ! mon père , comme vous voilà fait ! est-oe une eomédie que vous jouez?

MONSIEUR JOURDAIN

Non , non , ce n'est pas une comédie ; c'est une affaire fort sérieuse, et la plus pleine d'honneur pour vous qui se peut souhaiter. (Montrant ciéonte.) Voilà le mari que je vou« donne.

LCCILE.

A moi, mon père?

MONSIEUR JOURDAIN

Oui , à vous. Allons , touchez-lui dans la main , et rendez grâces au ciel de votre bonheur.

LUCILE

Je ne veux poiut me marier.

MONSIEUR JOURDAIN

Je le veux, moi, qui suis votre père.

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