‹ uvres complètes de MolièreChapitre 247 sur 553 · ACTE V, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VII

LUCII.E.

Ma mère!

MADAME JODUDAIN.

Allez 1 VOUS êtes une coquine.

MONSIEUR JOURDAIN, à nuilame Jourdaij

^iioi! vous la querellez de ce qu'elle, m'obéil

MADAME JOIRDAIN.

Oui ; elle est à moi aussi bien qu'à vous.

COVIELLE, à madame (ourdain.

Madame !

MADAME JODRDAIN.

Que me voulez-vous conter, vous?

COVIELLE

Uo mot.

MADAME JOURDAIN

Je n'ai que faire de votre mot.

COVIELLE, à moDsicur Jourdain.

Monsieur, si elle veut écouter une parole en païticulier, je vous promets de la faire consentir à ce que vous voulea.

MADAME JOURDAIN

Je n'y consentirai point.

COVIELLE

Écoutez-moi seulement.

Non.

MONSIEUR JOURDAIN, à madame Jourdain.

Écoutez-Ie.

MADAME JOURDAIN

Non ; je ne veux pas l'écouter.

MONSIEUR JOURDAIN

Il VOUS dira...

MADAME JOURDAIN

Je ne veux point qu'il me dise rien.

MONSIEUR JOURDAIN

Voilà une grande obstination de femme! Cela vous fera-1-îJ mal de l'entendre ?

COVIELLE

Ne faites que m'écouter ; vous ferez après ce qu'il vous plaira.

MADAME JOURDAIN

Hé bien! quoi?

548 LE COUFiGEOIS GENTILHOMME.

COVIELLE, bas, à madame JonrdaiD.

Il y a une heure, madame, que nous vous faisons signe . ne voyez-vous pas bien que tout ceci n'est fait que pour nous ajuster aux visions de votre mari ; que nous l'abusons sous ce déguisement, et que c'est Cléonle lui-même qui est le fils du Grand Turc?.., .

MAÀAHE JOURDAIN, bas, a Covielle

Ah! ah!

COVIELlit , bas, à madame Jourdain,

Et moi, Covielle, qui suis le truchement?

MADAME JOCEDAIN, bas, à Covielle.

Ah ! comme cela, je me rends.

COVIELLE , lias, à madame Jourdain.

Ne faites pas semblant de rien.

MADAME JOURDAIN, baul.

Oui, voilà qui est fait, je consens au mariage.

MONSIEUR JOURDAIN

Ah ! voilà tout le monde raisonnable, (a madame Jourdain.)

Vous ne vouliez pas l'écouter. Jesavois bien qu'il vousexpliqueroit ce que c'est que le fils du Grand Turc.

MADAME JOURDAIN

Il me l'a expliqué comme il faut, et j'en suis satisfaite. Envoyons quérir un notaire.

DORANTE

C'est fort bien dit. Et afin, madame Jourdain, que vous puissiez avoir l'esprit tout à fait content, et que vous perdiez aujourd'hui toute la jalousie que vous pourriez avoir conçue de monsieur votre mari, c'est que nous nous servirons du même notaire pour nous marier, madame et moi.

MADAME JOURDAIN

Je consens aussi à cela.

MONSIEUR JOURDAIN, bas, à Dorante.

C'est pour lui faire accroir^.

DORANTE, bag, à monsieur Jourdain,

Il faut bien l'amuser avec cette feinte.

MONSIEUR JOURDAIN, bas.

Bon, bon! (Haut.) Qu'on aille quérir le notaire.

DORANTE

Tandis qu'il viendra et qu'il dressera les contrats, voyon» notre ballet, et donnons-en le divcrtksoment à Son Altesse turque.

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