SCÈNE VI. — AGLAURE, CIDIPPE
CIDIPPE.
Ma sœur, que sentez-vous à ce soudain malheui Où nous voyons Psyché par les destins plongée?
552 PSYCHil:.
AGLAURE
Mais vous, que sentez-vous, ma sœur?
CIDIPPE.
A ne vous point mentir, je sens que, dans mon cœtu^ Je n'en suis pas trop aflligée.
ACLAURE.
Moi, je sens quelque chose au mien Qui ressemble assez à la joie.
Allons, le Destin nous envoie Un mal que nous pouvons regarder tomme un bien.
PREMIER INTERMÈDE
La scène est changée en des rochers affreux , et fait voir en l'éloignemenf ime grotte effroyable.
C'est dans ce désert que Psyché doit être exposée, pour obéir à l'oracle. Une troupe de personnes affligées y viennent déplorer sa disgrâce. Une partie de cette troupe désolée témoigne sa pitié par des plaintes touchantes et par des concerts lugubres; et l'autre exprime sa désolation par une danse pleine de toutes les marques du plus violent désespoir.