‹ uvres complètes de MolièreChapitre 329 sur 553 · SCÈNE I. — OCTAVE, SYLVESTRE · texte numérisé non relu

SCÈNE I. — OCTAVE, SYLVESTRE

OCTAVE

Ah! fâcheuses nouvelles pour un cœur amoureux! Dures extrémités où je me vois réduit! Tu viens, Sylvestre, d'apprendre au port que mon père revient?

SYLVESTRE

Oui.

OCTAVE

Qu'il arrive ce matin mèmeV

STLVESTRE,

Ce matin même.

OCTAVE

Et qu'il revient dans la résolution de me marier/

SYLVESTRE

Oui.

OCTAVE

Avec une fille du seigneur Géroute?

SYLVESTRE

Du seigneur Géronte. "^

OCTAVE

Et que cette Gll^ «st mandée de Tarente ici }>our cela /

SYLVESTRE

titii.

OCTAVE

Et tu tiens ces nouvelles de mon oncle?

SYLVESTRE

De votre oncle.

OCTAVE

A qui mon père les a mandées par une lettre?

SYLVESTRE

Par une lettre.

Et cet oncle, dis-tu. sait toutes nos a lia ires?

412 LES îUURBEIUES DE SCAPIN.

SYLVESTRE

Toutes nos affaires •

OCTAA'E.

Ah! parle, si tu veux, et ne te fais point, de la sorte, arracher les mots de la bouche.

SYLVESTRE

Qu'ai-je à parler davantage^ vous n'oubliez aucune circonstance, et vous dites les choses tout justement comme elles sont.

OCTAVE

Conseille-moi , du moins , et me dis ce que je dois fair*» dans ces cruelles conjonctures.

SVI.VESTIE.

Ma foi, je m'y trouve autant embarrassé que vous; et f aurois bon besoin que Ion me conseillât moi-même.

OCTAVE

Je suis assassiné par ce maudit retour.

SYLVESTRE

Je ne le suis pas moins.

OCTAVE

Lorsque mon père apprendra les choses, je vais voii fondre sur moi un orage soudain d'impétueuses réprimandes,

Les réprimandes ne sont rien; et plût au ciel que j'en fusse quitte à ce prix! mais j'ai bien la mine, pour moi, de payer plus cher vos folies; et je vois se former, de loin, un nuage de coups de bâton qui crèvera sur mes épaules^.

OCTAVE

0 ciel ! par où sortir de l'embarras où je me trouve?

SYLVESTRE

C'est à quoi vous deviez songer avant que de vous y jeter

OCTAVE

Ah ! tu me fais mourir par tes leçons hors de saison.

SYLVESTRE

Vous me faites bien plus mourir pgr vos actions étourdies.

' Cette forme de dialogue eo écho était fort goûtée au dix-septiênie siècle. Molière semble ici avoir tait quelques empruots à la Soeur de Rotrou, acte I, icène I.

'Dans le Médecin volant, Sganarelle dit: «Le nmge est fort épais, et j'ai bien peur que, s'il Tient à crever, il ne grêle »«'' 4 j» force coups de bàtoa t

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