‹ uvres complètes de MolièreChapitre 330 sur 553 · SCÈNE II. - OCTAVE, SCAPIN , SYLVESTRE · texte numérisé non relu

SCÈNE II. - OCTAVE, SCAPIN , SYLVESTRE

SCAPIN

Quest-ce, seigneur Octave? Qu'avez-vous? Qu'y a-t-il? Quel désordre est-ce là? Je vous vois tout troublé.

Ah! mon pauvre Scapin, je suis perdu; je suis désespéré j je suis le plus infortuné de tous les hommes.

SCAPIN

Comment?

OCTAVE

N'as-tu rien appris de ce qui me regarde?

SCAPIN

Non.

OCTaVE.

Mon père arrive avec le seigneur Géroute , et ils me veulent marier.

SCAPIN

Hé bien! quy a-t-il là de si funeste?

OCTAVI:.

Hélas ! tu ne sais pas la cause de mon inquiétude.

SCAPIN

Non ; mais il ne tiendra qu'à vous que je la sache bientôt; et je suis homme coasolatif *, homme à m'intéresser aux affaires des jeunes gens.

OCTAVE

Ah. Scapin, si tu pouvois trouver quelque invention, forger quelque machine, pour me tirer de la peine où je suis, je croirois t'ètre redevable de plus que la vie.

SCAPIN

A vous dire la vérité,. il y a peu de choses qui me soient impossibles, quand je m'en veux mêler. .l'ai sans doute reçu du ciel un génie assez beau pour toutes les fabriques de ces gentillesses d'esprit, de ces galanteries ingénieuses, à qui le

'Pascal a di'. uinsolatif à... et consolatif pour... :

< Discours bien consolatif à cciii qui ont assez de liberté d'esprit..., etc. » — € Un beau mol de saint Augiislin est bien consolatif pour de cerliiines per» «ouoet. » F. Génia.)

414 LES rOllKBEUIES DE SCAPIN.

vulgaire ignorant donne le nom de fourberies ; et je puis dire, sans vanité, qu'on n'a guère vu d'homme qui fût plus habile ouvrier de ressorts et d'mtrigues , qui ait acquis plus de gloire que moi dans ce noble métier. Mais, ma foi, ie mérite est trop maltraité aujourd'hui; et j'ai renoncé à Crûtes choses depuis certain chagrin d'une affaire qui m'arr:va.

OCTAVE

Comment? quelle affaire, Scapia?

SCAPIN

Une aventure où je me brouillai avec la justice.

OCTAVE

La justice ?

SCAPIN

Oui. Nous eûmes un petit démêlé ensemble.

SYLVESTRE

Toi et la justice?

SCAPIN

Oui. Elle en usa fort mal avec moi ; et je me dépitai de telle sorte contre l'ingratitude du jiècle , que je résolus de ne plus rien faire. Baste! Ne laissez pas de me conter votre aventure.

OCTAVE

Tu sais, Scapin, qu'il y a deux mois que le seigneur Géronte et mon père s'embarquèrent ensemble pour un voyage qui regarde certain commerce où leurs intérêts sont mêlés*.

8CAPIN.

Je sais cela.

OCTAVE

Et que Léandre et moi nous fûmes laissés par nos pères . moi sous la conduite de Sylvestre, et Léandre sous ta dileetion.

SCAPIN

Oui Je me suis fort bien acquitté de ma charge.

OCTAVE

Quelque temps après , Léandre fil rencontre d'une jeune Egyptienne dont il devint amoureux.

SCAPIN

Je sais cela encore.

- tout le réci» qui va suivre est tué du PKormicn de Téience.

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