‹ uvres complètes de MolièreChapitre 352 sur 553 · ACTE 11, scenl: :v. ^4t · texte numérisé non relu

ACTE 11, scenl: :v. ^4t

SYIA'ESTRE, secouant ruacment la main d'Aigante.

Touchez la , touchez. Je vous donne ma parole, et vous jure sur mon honneur, par l'épée que je porte, par tous les serments que je saurois faire, qu'avant la fin du jour je vous déferai de ce maraud fieffé, de ce faquin d'Argante. Reposez-vous sur moi.

SCAPIN

Monsieur, les violences en ce pays ue sont guère souffertes.

SYLVESTRE

Je me moque de tout, et je n'ai rien à perdre.

SCAPIN

Il se tiendra sur ses gardes, assurément; il a des parents, des amis et des domestiques, dont il se fera un secourt contre votre ressentiment.

C'est ce que je demande , morbleu ! c'est ce que je demande. (Menant iVpee à la main.) Ah, léte! ah, ventre ! Que ne le trouvé-je à celte heure avec tout son secours! Que ne paroît-il à mes yeux au milieu de trente personnes! Que ne les vois-je fondre sur moi les armes à la main ! (Se meitant en xarde.) Comment! marauds, vous avez la hardiesse de vous attaquer à moi! Allons, morbleu, tue! (Poussant de tous les c*tés,

comme s'il avoil plusieurs personnes 5 comliatire.) Point de quartier.

Sonnons. Ferme. Poussons. Bon pied, bon œil. Ah! coquins! ah! canaille! vous en voulez par là! je vous en ferai (àter votre soûl. Soutenez, marauds; soutenez. Allons. A

f ette botte. A cette autre. (Se tournant «lu côté d'Argante et de Scapia.)

A celle-ci. A celle-là. Comment, vous reculez! Pied ferme, n)rbleu; pied ferme!

SCAPIN

Hé, hé, hé! monsieur, nous n'en sommes pas.

SYLVESTRE

Voilà qui vous apprendra à vous oser jouer à moi SCÈNE X. - ARGANTE , SCAPIN.

SCAPIN

Hé bien! vous voyez combien de personnes tuées pour deux cents pistoles Or sus, je vous souhaite une bonne fortuae.

ARGANTE, tout tremblant.

Scapio.

SCAPIN

Plaît-il?

AUGA^TE.

Je me résous à donner les deux cents pistoles.

SCAPIN

J'en suis ravi pour l'amour de vous.

ARGANTE

Allons le trouver ; je les ai sur moi.

SCAPIN

Vous n'avez qu'à me les donner. Il ne faut pas, pour votre honnour, que vous paroissiez là, après avoir passé ici pour autre que ce que vous êtes ; et , de plus , je craindrois qu'en vous faisant connoitre il n'allât s'aviser de vous demander davantage.

ARGANTE

Oui ; mais j'aurois été bien aise de voir comme je donne mon argent.

SCAPIN

Est-ce que vous vous défiez de moi?

ARGANTE

Non pas; mais...

SCAPIN

Parbleu ! monsieur, je suis un fourbe, ou je suis honnête homme ; c'est l'un des deux. Est-ce que je voudrois vous tromper, et que, dans tout ceci, j'ai d'autre intérêt que le vôtre et celui de mon maître, à qui vous voulez vous allier? Si je vous suis suspect, je ne me mêle plus de rien, et vous n'avez qu'à chercher dès celte heure qui accommodera vos affaires.

Tiens donc.

SCAPIN

Non, monsieur, ne me confiez point votre argent. Je serai bien aise que vous vous serviez de quelque autre'.

'On trouve dans Plante une tcèoe presque semblable à celle de Scapin. Mi lière lui a emprunte' le refus si naturel et si adroit de Scapin ; mais il a eu soiu de motiver ce refus par la défiance du vieillard, ce que n'avait pas f jit le poète latin.

< Prends cet argent, Cbrysale, et va le portera mon lils. — Je ne le prendrai poiBt, monsieur; charget un autre di cette commission ; je ne veux fii qu'on bm

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