SCÈNE III. — TRISSOTIN, PHILAMINTE, ARMANDE
TRISSOTIN, à Philaminle.
Je viens vous annoncer une grande nouvelle' : Nous l'avons, en dormant, madame, échappé tn-lie. Un monde près de nous a passé tout du lonç, Est chu tout au travers de notre tourbillon ; Et, s'il eût en chemin rencontré notre terre, Elle eût été brisée en morceaux comme verre.
PHILAMINTE
Remettons ce discours pour une autre saison , Monsieur n'y Irouveroit ni rime ni raison, Il fait profession de chérir l'ignorance. Et de haïr, surtout, l'esprit et la science.
CLITANDRE
Cette vérité veut quelque adoucissement.
Je m'explique, madame; et je hais seulcmeaS La science et l'esprit qui gâtent les personnes. Ce sont choses, de soi, qui sont belles et bonnes; Mais j'aimerois mieux être au rang des ignorants Que de me voir savant comme certaines gens.
TRISSOTIN
Pour moi, je ne tiens pas, quelque effet qu'on suppose, Que la science soit pour gâter quelque chose.
CLITANDRE
Et c'est mon sentiment qu'en faits comme en propos La science est sujette à laire de grands sots.
TRISSOTIN
Le paradoxe est fort.
CLITANDRE
Sans être fort habile, La preuve m'en seroit, je pense, assez facile. ,
Si les raisons manquoient, je suis sûr qu'en tous cas
Colin avait composé el publié une dissertation fort longue et fot -idicule qui porte le litre de Galanterie sur la Comète apparue en décembre 1664 etjantur 166S. L'entrée de Tnssolin fait allusiou i celte pièce Traiment curieuse.
l.limé Mariio.)