‹ uvres complètes de MolièreChapitre 436 sur 553 · ACTE IV, SGEAE il. o · texte numérisé non relu

ACTE IV, SGEAE il. o

Et, sans faire de lort à vos beaux sentiments *,

Je vois que, dans le monde, on suit fort ma melhcJs,

Et que le mariyge est assez à la mode,

Passe pour un lien assez honnête et doux,

Pour avoir désiré de me voir votre époux,

Sans que la libtrté d'une telle pensée

Ait dû vous donner lieu d'en paroître offensée.

lU^IANDE.

Hé bien! monsieur, hé bien! puisque, sans m'écoutei^ Vos sentiments brutaux veulent se contenter; Puisque, pour vous réduire à des ardeurs fidèles, Il faut de.s nœuds de chair, des chaînes corporelles. Si tna mère le veut, je résous mon esprit A conseulir pour vous à ce dont il s'agit.

CLITANDRE

il n'est plus temps, madame; une autre a pris la place; Et, par un tel retour, j'aurois mauvaise grâce i)e maltraiter l'asile et blesser les bontés Où je me suis sauvé de toutes vos fiertés.

PQILAMINTE.

Mais enfîn, comptez-vous, monsieur, sur mon f'.iffrage, Quand vous vous promettez cet autre mariage? Et, dans vos vTsions, savez-vous, s'il vous plaît. Que j'ai pour Henriette un autre époux tout prêt ^

CLITANDRF..

Hé! madame, voyez votre choix, je vous prie; Exposez-moi, de grâce, à moins d'ignominie. Et ne me rangez pas à l'indigne destin De me voir le \i\a\ de monsieur Trissotin. L'amour des beaux esprits, qui chez vous m'est contr r«, Ne pouvoit m'opposer un moins noble adversaire. H en est, et plusieurs, que, pour le bel esprit, Le mauvais goût du siècle a su mettre en crédit, !\Iais monsieur Trissotin n'a pu duper personne, Et chacun rend justice aux écrits qu'il nous donne. Hors céans, on le prise en tous lieux ce qu'il vaut, Et ce qui m'a vingt fois fait tomber de mon haut, .C'est de vous voir au ciel élever des sornettes Que vous désavoueriez si vous les aviez faites,

VaK. R*. s^ns faii'S <le tort a vos boni ieai-.Tr.iaii.

PHILAMINTE

Si VOUS jugez de lui tout autrement que nous,

C'est que nous le voyons par d'autres yeux que voue.

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