SCÈNE I. — CLÉANTE, TOINETTE
TOINETTE, ne reconooissaot pas Cléaat«.
Que demandez-vous, monsieur?
CLÉANTE
Ce que je demande?
TOINETTE
Ah! ah! c'est vous! Quelle surprise! Que venez-vous faire •éans?
CLÉANTE
Savoir ma destinée, parler à l'aimable Angélique, consulter les sentiments de son cœur, et lui demander ses résolutions sur ce mariage fatal dont on m'a averti.
TOINETTE
Oui ; mais on ne parle pas comme cela de but en blanc à Angélique : il faut des mystères , et l'on vous a dit l'étroite garde où elle est retenue; qu'on ne la laisse ni sortir, ni parler à personne; et que ce ne fut que la curiosité d'une vieille tante, qui nous fît accorder la Irberté d'aller à cette comédie, qui donna lieu à la naissance de votre passion; et nous nous sommes bien gardées de parler de cette aventure.
CLÉANTE
Aussi ne viens-je pas ici comme Cléante , et sous l'apparence de son amant; mais comme ami de son maître de musique, dont j'ai obtenu le pouvoir de dire qu'il m'envoie à sa place.
TOINETTE
Voici son père. Retirez-Aous un peu, et me laissez lui dire que vous êtes là.