ACTE II, SCti^E VIll. 64o
BÉI.INE.
Je vous douve aujourd'hui bien raisonnante , et je voudi ois bien savoir ce que vous voulez dire par là.
ANGÉLIQUE
Moi. madame? Que voudrois-je dire que ce que je dis?
BÉUNE.
Vous êtes si sotte, ma mie, qu'on ne sauroit plus vous BOiiffrir.
ANGÉLIQUE
Vous voudriez bien, madame, m'obliger à vous répondre quelque impertinence; mais je vous avertis que vous n'au' rez pas cet avantage.
BÉLINE.
Il n'est rien d'égal à votre insolence.
ANCÉITQUE.
Non, madame, vous avez beau dire-
BÉLINE.
Et vous avez un ridicule orgueil , une impertinente présomption, qui fait hausser les épaules à tout le monde.
ANGÉLIQUE
Tout cela , madame, ne servira de rien. Je serai sage en dépit de vous; et, pour vous ôter l'espérance de pouvoir réussir dans ce aue vous voulez, je vais m'ôter de votre vue.
SCÈNE Vill. — ARGAN, BÉLINE, MONSIEUR DIAFOIRUS, THOMAS DIAiEOlRUS, TOINETTE.
ARGAN, à Angélique, qui sort.
Écoute. 11 n'y a point de milieu à cela : choisis d'épouser dans quatre jours ou monsieur, ou un couvent, (a Béiine.) Ke vous mettez pas en peine : je la rangerai bien.
BÉUNE.
Je suis fâchée de vous quitter, mon fils; mais j'ai une affaire en ville, dont je ne puis me dispenser. Je reviendrai bientôt.
ARGAN
Allez, m'amour; et passez chez votre notaire, afin qu il expédie ce que vous savez.
BÉLINE*
Adieu, mon petit ami.
646 LE MALADE LMAGINAIRE.
A&GAN
Adieu, ma mie