‹ uvres complètes de MolièreChapitre 53 sur 553 · MAP UNE · texte numérisé non relu

MAP UNE

C'est une douce consolation que de voir dans ses intérêts une personne comme vous; et je vous conjure, madame, de me garder toujours cette généreuse amitié, si capable de m'adoucir les cruautés de la fortune.

FROSINE

Vous êtes, par ma foi, de malheureuses gens l'un et l'autre, de ne m'avoir point, avant tout ceci, avertie de votre affaire. Je vous aurois, sans doute, détourné cette inquiétude, et n'aurois point amené les choses où l'on voit qu'elles sont.

CLÉANfî

Que veux-tu? C'est ma mauvaise destinée qui l'a voulu ainsi. Mais, belle Mariane, quelles résolutions sont le» vôtres?

MARIANE

Hélas! suis-jw en pouvoir de faire des résolutions? Et, dans la dépendance où je me vois, pui»-je former que de» souhaHs?

CLÉANTE

Point d'autre appui pour moi dans votre cœur que ae simples souhaits? Point de pitié officieuse? Point de secou rable bonté? Point d'affection agissante?

MARIANE

Que saurois-je vous dire? Mettez-vous en ma place, et voyez ce que je puis faire. Avisez , ordonnez vous-même : je m'en remets à vous; et je vous crois trop raisonnable pour vouloir exiger de rnoi que ce qui peut m'étre permis par l'honneur et la bienséance

CLÉANTE

Hélas! où me réduisez-vous, que de me renvoyer à ce que voudront me permettre les fâcheux sentimcnls d'un ri-» goureux honneur et d'une scrupuleuse bienséance?

MARIANE

Mais que voulez-vous que je fasse? Quand je pourrois passer sur quantité d'égards où notre sexe est obligé, j'ai de la eonsidération pour ma mère Elle m'a toujours élevée avec

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