‹ uvres complètes de MolièreChapitre 84 sur 553 · ACTE 1, SCENE IV. U-i · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE IV. U-i

SDRIGA.M.

iv suis confus des louanges dont vous m'honorez , ci je pourrois Vous en donner avec plus de justice sur les merveilles de votre vie, et principalement sur la gloire que vous acquîtes, lorsque avec tant d'honnêteté vous pipâtes au jeu, pour douze mille écus, ce jeune seigneur étranger que l'on mena chez vous; lorsque vous fitcs galamment ce faux contrat qui ruina toute une famille; lorsque avec tant de grandeur d'ame vous sûtes nier le dépôt qu'on vous avoit confié ; et que si généreusement ou vous vit prêter votre témoignage à faire pendre ces deux personnes qui ne l'avoicnt pas mérité.

NÉRINE

Ce sont petites bagatelles qui ne valent pas qu'on en parle ; et vos éloges me font rougir *.

S6RIGAM.

Je veux bien épargner votre modestie; laissons cela : et, pour commencer notre affaire, allons vite joindre notre provincial, tandis que de votre côté vous nous tiendrez prêts au besoin les autres acteurs de la comédie.

ÉBASTE.

Au moins , madame , souvenez-vous de votre rôle , et , pour mieux couvrir notre jeu, feignez, comme on vous a dit, d'être la plus contente du monde des résolutions de votre père.

JULIE

S'il ne tient qu'à cela, les choses iront à merveillr

ÉRASTE

Mais, belle Julie, si toutes nos machines venoient à oe pas réussir?

JULIE

Je déclarerai à mon père mes véritables sentiments.

ÉRASTE

Et si, contre «ros sentiments, il s'obstinoit à son dessein?

JULIE

Je le menacerai de me jt-ter dans un couvent.

* Sous la cjsaqiie de Sbrigani, Molicre a caché un do ces Sosies, de cos Divei 4e la comcdic aniiv^ue qa'il dous avait tJt'jà Tait voir sous le matilcan de Mj'icafille, el qu'un dernier ciprice de «on génie doii nous montrer encore sous rc'ui te ScapiD. (Voir CAsinatre de Plaïule, acte 111, sceue ii.) (Augcr.)

103 MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

ÉnASTE.

Mais SI, malgré tout cela, il vouloit vous forcer è ce mari :iî;f?

JULIE

Que voulez-vous que je vous dise?

ÉRASTE

Ce que je veux que vous me disiez?

JULIE

Oui.

ÉKASTE.

Ce qu'on dit quand on aime bleu .

JULIE

Mais quoi?

ÉRASTE

Que rien ne pourra vous contraindre ; et que , malgré tous les efforts d'un père, vous me promettez d'être à moi.

JULIE

Mon Dieu! Éraste, contentez-vous de ce que je fais niainlonant, et n'allez point tenter sur l'avenir les résolutions de mon cœur; ne fatiguez point mon devoir par les propositions d'une fâcheuse extrémité dont peut-être n'aurons-nous pas besoin; et, s'il y faut venir, souffrez au moins que j'y sois entraînée par la suite dos choses.

lié bic:^!...

SBRIGAM.

Ma foi! voici notre homme : songeons à nous.

NÉUINE.

Ah! comme il est bâti » !

:CÈAE V. — MONSIEUR DE POURCEAUGNAC, SBRIGANl.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC, se tournant du côté d'où il est venu, et parlant à des gens qui le suivent.

lié bien! quoi? Qu'est-ce? qu'y a-t-il? Au diantre soit la sotte ville, et les sottes gens qui y sont! Ne pouvoir faire uo

* Od ne recounoit poiDt ici le goût délicat de Molière. Comment a-t-il pu lier Julie avec une scmblùUe intrigante ? Comment, après de pareils aveux, les dens amanis consenlenl-ils à mettre leur sort entre les mains d'un misérable échapp»" des qalères, et d'une femme dont le faux témoignage a fait pendre deux per tonnes? Il est vrai que cetle scène est imuée de Piaule, mais cette imllalion s'est point heureuse, elle sort absolument de noa moeurs. (Aime MartîB.J

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