A. G. Et qu*il n^aura plus à espérer, etc
LETTllE XC. J93
USBEK AU MÊME.i
A SMYHNB.
De cette passion générale que la nation Françoise a pour la gloire, il s'est formé, dans l'esprit des particuliers, un certain je ne sais quoi qu'on appelle point d'honneur; c'est proprement le caractère de chaque profession; mais il est plus marqué chez les gens de guerre, et c'est le point d'honneur par excellence. Il me seroit bien difficile de te faire sentir ce que c'est , car nous n'en avons point précisément d'idée.
Autrefois les François, surtout les nobles, ne suivoient guère d'autres lois que celles de ce point d'honneur; elles régloient toute la conduite de leur vie ; et elles étoient si sévères, qu'on ne pouvoit, sans une peine plus cruelle que la mort, je ne dis pas les enfreindre, mais en éluder la plus petite disposition.
Quand il s'agissoit de régler les différends, elles ne prescrivoient guère qu'une manière de décision, qui étoit le duel, qui tranchoit toutes les difficultés. Mais, ce qu'il y avoit de mal, c'est que souvent le jugement se rendoit