‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 2)Chapitre 15 sur 245 · Journal et Mémoires, etc., t. III, p · texte numérisé non relu

Journal et Mémoires, etc., t. III, p

8^ est vengée des mauvais plaisants en les faisant académiciens. Il en est des bons mots contre TAcadémie comme des épigrammes contre le mariage; ce sont des péchés de jeunesse dont on fait pénitence dans ses vieux jours.

Mais voici qui mérite attention :

fl Paris, 17 décembre 1*727.

« M. le président de Montesquieu a remercié TAcadémie le Jour même qu^elle étoit assemblée pour rélire. ^ C*est M. le maréchal d'Ëstrées qui a apporté le remerclment. Je sais certainement qu*il a été tracassé pour les Lettres persanes, que le cardinal a dit qu'il y avoit dans ce livre des satires contre le gouvernement passé et la régence, que cela marquoit un cœur et un esprit de révolte, quMl y avoit anssi de certaines libertés contre la religion et les mœurs, et qu'il falloit désavouer ce livre. Le pauvre père n*a pu désavouer ses enfants, quoique anonymes; ils lui tendoient leurs petits bras persans, et il leur a sacrifié TAcadémie. Il faut donc chercher un autre sujet académique, on parle de Tabbé de Rothelin, et peut-être de M. le garde des sceaux.* »

« Paris, 82 décembre 1727.

« On m'a assuré que le président de Montesquieu est rentré à l'Académie; Je ne sais par quelle porte.' »

« Paris, 23 décembre 1727.

« Je ne sais pas encoro la porte par où M. le président de Montesquieu est rentré ; mais il est rentré. Auroit-il désavoué ses enfants, et ma figure des petits bras persans ne seroit-elle qu'une figure ? Que ne feroit-on point pour être d'un corps où vous êtes 7^ »

fl Paris, 29 décembre 1727.

« Je ne sais point encore comment les portes fermées se sont rouvertes ; on aura peutrêtre abjuré les Lettres après les avoir avouées, sauf à abjurer l'abjuration entre amis, et combien de peines cela n*aura-t-il point données? • »

Vingt-huit ans plus tard, au lendemain de la mort de Montesquieu, Maupertuis, qui avait été le correspondant et Tami de l'auteur des Lettres persanes^ son confrère à l'Académie française et à l'Académie de Berlin, Maupertuis raconte les événe-

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