Le mercure
3. A. C. n'ont point cette première phrase, et rédigent ainw le paragraphe : Ceux qui connoissent la nature et qui ont de Dieu une idée raisonnable, peuvent-ils comprendre que la matière, etc.
LE TTRE CXIU. 357
prendre que la matière et les choses créées n'aient que six mille ans; que Dieu ait différé, pendant toute l'éternité, ses ouvrages, et n'ait usé que d'hier de sa puissance créatrice. Seroit-ce parce qu'il ne l'auroit pas pu, ou parce qu'il ne l'auroit pas voulu? Mais s'il ne l'a pas pu dans un temps, il ne l'a pas pu dans l'autre. C'est donc parce qu'il ne Ta pas voulu; mais comme il n'y a point de succession dans Dieu, si l'on admet qu'il ait voulu quelque chose une fois, il l'a voulu toujours, et dès le commencement.
^ Cependant, tous les historiens nous parlent d'un premier père : ils nous font voir la nature humaine naissante. N'est-il pas naturel de penser qu'Adam fut sauvé d'un malheur commun, comme Noé le fut du déluge; et que ces grands événements ont été fréquents sur la terre depuis la création du monde?
Mais toutes les destructions ne sont pas violentes. Nous voyons plusieure parties de la terre se lasser de fournir à la subsistance des hommes ; que savons-nous si la terre entière n'a pas des causes générales, lentes et imperceptibles, de lassitude? '
J'ai été bien aise de te donner ces idées générales avant de répondre plus particulièrement à ta lettre sur la diminution des peuples, arrivée depuis dix-sept à dix-huit siècles. Je le ferai voir, dans une lettre suivante, qu'indépendamment des causes physiques, il y en a de morales qui ont produit cet effet.
De Paris, le 8 d« la luae de chahban, 1718.
1. Dans A. G., avant cet alioéa, on lit celui-ci : l\ ne faut donc pas compter les anni^es du monde : le nombre des grains de sable de la mer ne leur est pas plus comparable qu'un instant.
2. Tout ce paragraphe paraît pour la première fois dans l'édition de 175i.
USBEK AU MÊME
Tu cherches la raison pourquoi la terre est moins peuplée qu'elle ne Tétoit autrefois; et si tu y fais bien attention, tu verras que la grande différence vient de celle qui est arrivée dans les mœurs.
Depuis que la religion chrétienne et la mahométane ont partagé le monde romain, les choses sont bien changées; il s*en faut de beaucoup* que ces deux religions soient aussi favorables à la propagation de Tespèce que celle de ces maîtres de l'univers.
Dans cette dernière, la polygamie étoit défendue ; et, en cela, elle avoit un très-grand avantage sur la religion mahométane; le divorce y étoit permis; ce qui lui en donnoit un autre, non moins considérable, sur la chrétienne.
Je ne trouve rien de si contradictoire que cette pluralité des femmes permise par le saint Alcoran, et l'ordre de les satisfaire donné dans le même livre.* Voyez vos femmes, dit le prophète , parce que vous leur êtes nécessaire comme leurs vêtements, et qu'elles vous Sont nécessaires