‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 2)Chapitre 178 sur 245 · A. C. Au\ mùincs lois des mouvements · texte numérisé non relu

A. C. Au\ mùincs lois des mouvements

3. A. C. Peuvent agir, dont la plus petite peut les détruire, et à plus forto raison augmenter ou diminuer leur nombre.

mis bien des fois le genre humain à deux doigts de sa perte.

Les histoires sont pleines de ces pestes universelles qui ont tour à tour désolé Tunivers. Elles parlent d'une, entre autres, qui fut si violente, qu'elle brûla jusqu'à la racine des plantes, et se fit sentir dans tout le monde connu, jusqu'à l'empire du Catay;* un degré de plus de corruption auroit, peut-être dans un seul jour, détruit toute la nature humaine.

Il n'y a pas deux siècles que la plus honteuse de toutes les maladies se fit sentir en Europe, en Asie et en Afrique; elle fit, dans très-peu de temps, des effets prodigieux; c'étoit fait des hommes, si elle avoit continué ses progrès avec la même furie. Accablés de maux dès leur naissance, incapables de soutenir le poids des charges de la société, ils auroient péri misérablement.

Qu'auroit-ce été, si le venin eût été un peu plus exalté? et il le seroit devenu, sans doute, si l'on n'avoit été assez heureux pour trouver un remède aussi puissant que celui qu'on a découvert.' Peut-être que cette maladie, attaquant les parties de la génération, auroit attaqué la génération même.

Mais pourquoi parler de la destruction qui auroit pu arriver au genre humain? N'est-elle pas arrivée en effet? et le déluge ne le réduisit-il pas à une seule famille?

11 y a des philosophes' qui distinguent deux créations : celle des choses et celle de l'homme. Ils ne peuvent corn-

i. La Chine.

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