‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 2)Chapitre 27 sur 245 · A SON SÉRAIL 1 D*ISPAHAN · texte numérisé non relu

A SON SÉRAIL 1 D*ISPAHAN

Tu es le gardien fidèle des plus belles femmes de Perse; je t'ai confié ce que j'avois dans le monde de plus cher : tu tiens en tes mains les clefs de ces portes fatales qui ne s'ouvrent que pour moi. Tandis que tu veilles sur ce dépôt précieux de mon cœur, il se repose et jouit d'une sécurité entière. Tu fais la garde dans le silence de la nuit, comme dans le tumulte du jour. Tes soins infatigables soutiennent la vertu, lorsqu'elle chancelle. Si les femmes que tu gardes vouloient sortir de leur devoir, tu leur en ferois perdre l'espérance. Tu es le fléau du vice, et la colonne de la fidélité.

Tu leur commandes, et leur obéis;' tu exécutes aveuglément toutes leurs volontés, et leur fais exécuter de même les lois du sérail : tu trouves de la gloire à leur rendre les services les plus vils : tu te soumets, avec respect et avec crainte, à leurs ordres lé^times : tu les sers

1. Sérail, et mieux sirali, signifie palais, et n'est point synonyme du mot harem, qui désigne le lien où les femmes sont enfermées.

Les éditions du dernier siècle écrivent toi^ours serrât/.

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