‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 2)Chapitre 82 sur 245 · AUX JARDINS DE FATHÉ · texte numérisé non relu

AUX JARDINS DE FATHÉ

Recevez la joie dans votre cœur, et reconnoissez ces sacrés caractères; faites-les baiser au grand eunuque, et à l'intendant de mes jardins. Je leur défends de rien entreprendre contre vous : * dites-leur d'acheter l'eunuque qui me manque.* Acquittez-vous de votre devoir, comme si vous m'aviez toujours devant les yeux ; car sachez que plus mes bontés sont grandes, plus vous serez puni, si vous en abusez.

De Paris, le 85 de la lune de rhégeb, 1718.

1. A. C. Je leur défends dé mettre la main sur vous Jusques à mon retour. S. A. G. L'eunuque qui manque.

LETTRE XLiV. 439

USBEK A RHEDI.

A VENISE

Il y a, en France, trois sortes d'états : ^ l'église, l'épée et la robe. Chacun a un mépris souverain pour les deux autres : tel, par exemple, que l'on devroit mépriser parce qu'il est un sot, ne l'est souvent que parce qu'il est homme de robe.

Il n'y a pas jusqu'aux plus vils artisans qui ne disputent sur l'excellence de l'art qu'ils ont choisi; chacun s'élève au-dessus de celui qui est d'une profession différente, à proportion de l'idée qu'il s'est faite de la supériorité de la sienne.

Les hommes ressemblent tous, plus ou moins, à cette femme de la province d'Erivan qui, ayant reçu quelque grâce d'un de nos monarques, lui souhaita mille fois, dans les bénédictions qu'elle lui donna, que le ciel le ilt gouverneur d'Erivan.

J'ai lu, dans une relation, qu'un vaisseau françois ayant relâché à la côte de Guinée, quelques honmnes de l'équipage voulurent aller à terre acheter quelques moutons. On les mena au roi qui rendoit la justice à ses

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