A. Carayanséraî
que je vous avois grièvement offensé; l'un,* parce que cet animal étoit immonde ; l'autre, ' parce qu'il étoit étouffé ; l'autre enfin,' parce qu'il n'étoit pas poisson. Dn brachmane qui passoit par là, et que je pris pour juge, me dit : Ils ont tort, car apparemment vous n'avez pas tué vous-même cet animal. Si fait, lui dis-je. Ah ! vous avez commis une action abominable, et que Dieu ne vous pardonnera jamais, me dit-il d'une voix sévère : que savezvous si l'âme de votre père n'étoit pas passée dans cette béte? Toutes ces choses. Seigneur, me jettent dans un embarras inconcevable : je ne puis remuer la tête, que je ne sois menacé de vous offenser; cependant je voudrois vous plaire, et employer à cela la vie que je tiens de vous. Je ne sais si je me trompe; maïs je crois que le meilleur moyen pour y parvenir, est de vivre en bon citoyen dans la société où vous m'avez fait naître, et en bon père dans la famille que vous m'avez donnée, u
De Paris, le 8 de la lune de chahban, 1713.