‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 4)Chapitre 101 sur 488 · DES RELIGIONS EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES RELIGIONS EN GÉNÉRAL

Comme on peut juger parmi les ténèbres celles qui sont les moins épaisses, et parmi les abîmes ceux qui sont les moins profonds, ainsi Ton peut chercher entre les religions fausses celles qui sont les plus conformes au bien de la société; celles qui, quoiqu'elles n'aient pas l'effet de mener les hommes aux félicités de l'autre vie, peuvent le plus contribuer à leur bonheur dans celle-ci.

Je n'examinerai donc les diverses religions du monde, que par rapport au bien que Ton en tire dans l'état civil ;

1. A. B. Des lois, dans le rapport qu'elles ont avec la religion, con»idi'rée dans ses dogmes et en elle-même.

soit que je parle de celle qui a sa racine dans le ciel, ou bien de celles qui ont la leur sur la terre.

Gomme dans cet ouvrage je ne suis point théologien, mais écrivain politique, il pourroit y avoir des choses qui ne seroient entièrement vraies que dans une façon de penser humaine, n'ayant point été considérées dans le rapport avec des vérités plus sublimes.

A l'égard de la vraie religion S il ne faudra que trèspeu d'équité pour voir que je n'ai jamais prétendu faire céder ses intérêts' aux intérêts politiques, mais les unir : or, pour les unir, il faut les connottre.

La religion chrétienne, qui ordonne aux hommes de s'aimer, veut sans doute que chaque peuple ait les meilleures lois politiques et les meilleures lois civiles, parce qu'elles sont, après elle, le plus grand bien que les hommes puissent donner et recevoir.

i. A Végardde la vraie religion, n'est pas dans A. B. 2. A. B. Les. intéi-êts de la religion.

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