‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 4)Chapitre 179 sur 488 · LIVRE XXVI, CHAp; IXi Î · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI, CHAp; IXi Î

du mariage; on considéra moins l'union des deux sexes dans l'état civil, que dans un état spirituel.

D*abord, par la loi ^ romaine» un mari qui ramenoit sa femme dans sa maison après la condamnation d'adultère, fut puni comme complice de ses débauches. Justinien ', dans un autre esprit, ordonna qu'il pourroit, pendant deux ans, l'aller reprendre dans le monastère.

Lorsqu'une femme qui avoit son mari à la guerre n'entendoit plus parler de lui, elle pouvoit, dans les premiers temps, aisément se remarier, parce qu'elle avoit entre ses mains le pouvoir de faire divorce. La loi de Constantin ' voulut qu'elle attendit quatre ans, après quoi elle pouvoit envoyer le libelle de divorce au chef*; et, si son mari revenoit,il ne pouvoit plus l'accuser d'adultère. Mais Justinien^ établit que, quelque temps qui se fût écoulé depuis le départ du mari, elle ne pouvoit se remarier, à moins que, par la déposition et le serment du chef, elle ne prouvât la mort de son mari. Justinien avoit en vue l'indissolubilité du mariage; mais on peut dire qu'il l'avoit trop en vue. Il demandoit une preuve positive, lorsqu'une preuve négative suffîsoit ; il exigeoit une chose très-difficile, de rendre compte de la destinée d'un homme éloigné, et exposé à tant d'accidents; il présumoit un crime, c'est-à-dire la désertion du mari, lorsqu'il étoit si naturel de présumer sa mort. Il choquoit le bien public, en laissant une femme sans mariage ; il choquoit l'intérêt particulier, en l'exposant à mille dangers.

1. Leg. 11, S- ult. ff. ad leg. M. de aduU. (M.) *i. Novelle, 131, ch. x. (M.) JusUaica suivait Tesprit chrétien qui est do pardonoer.

3. Leg. 7, Cod. de Repudiis et Judicio de moribus sublato. (M.;

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