‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 4)Chapitre 248 sur 488 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

DBS GOUTUMBS LOGALBS;

RBVOLUTIûN DBS LOIS DBS PEUPLES BARBARBS

BT DU DHOIT ROMAIN.

On voit, par plusieurs monuments, qu'il y avoit déjà des coutumes locales dans la première et la seconde race. On y parle de la coutume du lieu *, de l'usage ancien *, de la coutume ', des/oi> ^ et des coutumes. Des auteurs ont cru que ce qu'on nommoit des coutumes étoient les lois des peuples barbares, et que ce que l'on appelloit la loi étoit le droit romain. Je prouve que cela ne peut être. Le roi Pépin " ordonna que partout od il n'y auroit point de loi, on suivroit la coutume ; mais que la coutume ne seroit pas préférée à la loi. Or dire que le droit romain eut la préférence sur les codes des lois des barbares, c'est renverser tous les monuments anciens, et surtout ces codes des lois des barbares qui disent perpétuellement le contraire.

Bien loin que les lois des peuples barbares fussent ces coutumes, ce furent ces lois mêmes qui, comme lois personnelles, les introduisirent. La loi salique, par exemple,

1. Préface des formules de Ifarculfe. Quœ apud majores nostros, juxta consueludinem loci quo degimus, didici, vel e sensu proprio cogitavi, etc (M.) S. Loi des Lombards, Ut. 11, tit. lviii, S 3. (H.)

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