‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 4)Chapitre 413 sur 488 · LIVRE XXX, GHAP. XII. M · texte numérisé non relu

LIVRE XXX, GHAP. XII. M

de le vendre, pour que ce fonds continuât à ôtre tributaire : les barbares ne payoient donc pas de tributs sur les terres*.

M. Tabbé DubosS qui avoit besoin que les Wisigoths payassent des tributs^, quitte le sens littéral et spirituel de la loi; et imagine, uniquement parce qu'il imagine, qu'il y avoit eu entre l'établissement des Goths et cette loi une augmentation de tributs qui ne concernoit que les Romains. Mais il n'est permis qu'au P. Hardouin d'exercer ainsi sur les faits un pouvoir arbitraire*.

M. l'abbé Dubos'* va chercher*, dans le code de Justinien\ des lois pour prouver que les bénéfices militaires, chez les Romains, étoient sujets aux tributs : d'où il conclut qu'il en étoit de même des fiefs ou bénéfices chez les Francs. Mais l'opinion, que nos fiefs tirent leur origine de cet établissement des Romains, est aujourd'hui proscrite : elle n'a eu de crédit que dans les temps où l'on connois-

1. Les Vandales n*en payoient point en Afrique. Procope, Guerre des Vandales, liv. I et II ; Histoha miscella^ iiv. XVI, p. 106. Remarquez que les conquérants de TAfriquo étoient un composé de Vandales, d*AIains et de Francs. Historia miscella, Vu. XIV, p. 94. (M.)

2. Êtablutement des Francs dans Us Gaules. De la monarchie française, tome III, ch. xiv, p. 510. (M.)

3. Ils'appuio sur «ne autre loi des Wisigoths, Hf. X, tit. i, art. If, qui ne prouve absolument rien : elle dit seulement que celui qui a reçu d'un seigneur une terre, sous condition d'une redevance, doit la pa>'er. (M.)

4. Le père Hardouin, Jésuite (i646-1721>), était un savant homme h qui nous devons une bonne édition de Pline l'Ancien, et une collection des Conciles en 12 volumes in-folio ; mais il prétendait que la plupart dos ouvrages que nous ont légués la Grèce et Rome, étaient Tœuvre des moines du XIII' siècle. Il avait imaginé, notamment, que VÊneide était l'œuvre d'un bénédictin qui avait voulu célébrer le triomphe de l'Église sur la synagogue.

5. Ce paragraphe et les deux suivants sont ajoutes dans la dernière édition.

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