CHAPITRE XIX
DEPOPULATION DE l'uNIVERS.
Toutes ces petites républiques furent englouties dans une grande, et l'on vit insensiblement l'univers se dépeupler : il n'y a qu'à voir ce qu'étoient l'Italie et la Grèce avant et après les victoires des Romains.
« On me demandera, dit Tite-Live', où les Volsques ont pu trouver assez de soldats pour faire la guerre, après avoir été si souvent vaincus. Il falloit qu'il y eût un peuple infini dans ces contrées, qui ne seroient aujourd'hui qu'un désert, sans quelques soldats et quelques esclaves romains. »
« Les oracles ont cessé , dit Plutarque •, parce que les lieux où ils parloîent sont détruits; à peine trouveroit-on aujourd'hui dans la Grèce trois mille hommes de guerre. »
(f Je ne décrirai point, dit Strabon S l'Épire et les lieux circonvoisins, parce que ces pays sont entièrement déserts. Cette dépopulation, qui a commencé depuis long-
1. Uv. VI, c. XII. (M.) In eis locis quœ nunc, vix seminario eociguo fnUUwn relicto, servitia romana ab solitudine vindtcant; c'estnà-dire : Aujoard'hai ce pays ne seroit qu'un désert sans quelques esclaves romains, en sorte qu'il ne lui reste presque plus d'hommes dont on puisse faire des soldats. (Châtier.)