‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 5)Chapitre 116 sur 217 · Suet., in Julio, ch. lxxwiii · texte numérisé non relu

Suet., in Julio, ch. lxxwiii

3. Voyez là-dessus les Lettres de Cicéron à Attictu, liv. V, et la remarque de M. rabbé de Mongault* (M.)

> Les Grecs, les Asiatiques et les Syriens, dit l'abbé Mongaolty af oiaat pornsé la flatterie jusqu'à consacrer des temples et éloTer des autels A leurs bienfaiteurs. Les lois romaines laissoieot même la liberté aux proconsuls de recevoir des honneurs pareils, et Suétone fait un mérite à Auguste de ce qu'à tous les temples qu'on leor consacroit dans les provinces, il faisoit joindre le nom de Rome avec le sien. Dion dit que ce furent les villes d'Asie qui rendirent les premières des honneurs divins aux empereurs avant leur mort ; mais, comme l'a remarqué Suétone, cet usage étoit établi dès le temps de la république

ces choses, comme le témoignage le plus fort qu'ils pussent donner de leur servitude : les Romains même pouYoient, dans des laraires, ou des temples particuliers, rendre des honneurs divins à leurs ancêtres ; mais je ne vois pas que, depuis Romulus jusqu'à César, aucun Romain ait été mis au nombre des divinités publiques ^

Le gouvernement de la Macédoine étoit échu à Antoine; il voulut, au lieu de celui-là, avoir celui des Gaules : on voit bien par quel motif. Décimus Brutus, qui avoit la Gaule cisalpine, ayant refusé de la lui remettre, il voulut l'en chasser : cela produisit une guerre civile, dans laquelle le sénat déclara Antoine ennemi de la patrie.

Gicéron, pour perdre Antoine, son ennemi particulier, avoit pris le mauvais parti de travailler à l'élévation d'Octave ; et, au lieu de chercher à faire oublier au peuple César, il le lui avoit remis devant les yeux.

Octave se conduisit avec Cicéron en homme habile ; il le flatta, le loua, le consulta, et employa tous ces artifices dont la vanité ne se défie jamais.

Ce qui gâte presque toutes les affaires, c'est qu'ordinairement ceux qui les entreprennent , outre la réussite principale, cherchent encore de certains petits succès par ticuliers, qui flattent leur amour-propre, et les rendent contents d'eux.

Je crois que si Caton s'étoit réservé pour la république, il auroit donné aux choses tout un autre tour. Cicéron, avec des parties admirables pour un second rôle, étoit incapable du premier : il avoit un beau génie, mais une âme souvent commune. L'accessoire, chez Cicéron, c'étoit

i. Dion dit que les triumvirs, qui espéroient tous d*aToir quelque jour la place de César, firent tout ce qu'ils purent pour augmenter les honneurs qa*on lui rendoit : liy.XLVil» (M.)

la vertu ; chez Caton, c'étoit la gloire ^ : Gicéron se voyait toujours le premier ; Gaton s'oublioit toujours : celui-ci vouloit sauver la république pour elle-même ; celui-là pour s'en vanter.

Je pourrois continuer le parallèle, en disant que, quand Gaton prévoyoit, Gicéron craignoit ; que là où Gaton espéroit, Gicéron se confioit ; que le premier voyoit toujours les choses de sang-froid, l'autre au travers de cent petites passions.

Antoine fut défait à Modëne : les deux consuls Hirtius et Pansa y périrent. Le sénat, qui se crut au-dessus de ses affaires, songea à abaisser Octave, qui, de son côté, cessa d'agir contre Antoine, mena son armée à Rome, et se fit déclarer consul.

Voilà coitament Gicéron, qui se vantoit que sa robe avoit détruit les armées d'Antoine, donna à la république un ennemi plus dangereux, parce que son nom étoit plus cher, et ses droits, en apparence, plus légitimes*.

Antoine défait s'étoit réfugié dans la Gaule transalpine, où il avoit été reçu par Lépidus. Ges deux hommes s'unirent avec Octave *, et ils se donnèrent l'un à l'autre la vie de leurs amis et de leurs ennemis^. Lépide resta à

1. Ess9 quam vidêH bonus malelxU ; itaqu» quùminu$ gloriam petebat, 00 magts Ulam ass^quebatur. Salluste, Ùê b0llo CatU,, I, ch. uv. (M.) Montaigne n*e8t pas moins dur pour Gicéron ; mais il me semble qu*on s*ar> rêto trop à Tinnocente vanité du personnage; on oublie les services qu'il a rendus à la république, et la noblesse de sa mort. Si nous avions les confessions de Caton, comme nous avons celles de Qcéron, peut-^re serions-nous moins sévères. Je m*en tiens au Jugement d*Âuguste, qui, après ravoir livré à riof&me Antoine, reconnaissoit en Gicéron un grand citoyen, ami de sa patrie. Plutarque, Fm de Cicéron, ch. xlvi.

2. Il étoit héritier de Gésar, et son fils par adoption. (M.)

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