II. S
piquée d*un défi téméraire, elle les consulta ^ Elle étoit en doute si elle s'exposeroit nue aux regards du berger troyen. Elle cacha sa ceinture sous ses cheveux; ses nymphes la parfumèrent; elle monta sur son char traîné par des cygnes, et arriva dans la Phrygie. Le berger balançoit entre Junon et Pallas; il la vit, et ses regards errèrent et moururent : la pomme d'or tomba aux pieds de la déesse : il voulut parler, et son désordre décida.
Ce fut dans ce temple que la jeune Psyché vint avec sa mère, lorsque TAmour, qui voloit autour des lambris dorés, fut surpris lui-même par un de ses regards. Il sentit tous les maux qu'il fait souffrir. C'est ainsi, dit-il, que je blesse ! Je ne puis soutenir mon arc ni mes flèches. II tomba sur le sein de Psyché. Ah ! dit-il, je commence à sentir que je suis le dieu des plaisirs.
Lorsqu'on entre dans ce temple, on sent dans le cœur un charme secret qu'il est impossible d'exprimer : l'âme est saisie de ces ravissements que les dieux ne sentent eux-mêmes que lorsqu'ils sont dans la demeure céleste.
Tout ce que la nature a de riant est joint à tout ce que l'art a pu imaginer de plus noble, et de plus digne des dieux.
Une main, sans doute immortelle, l'a partout orné de peintures qui semblent respirer. On y voit la naissance de Vénus; le ravissement des dieux qui la virent; son embarras de se voir toute nue; et cette pudeur qui est la première des grâces.
On y voit les amours de Mars et de la déesse. Le peintre a représenté le dieu sur son char, fier et même terrible : la Renommée vole autour de lui; la Peur et la