‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 5)Chapitre 122 sur 217 · II · texte numérisé non relu

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sa gloire, de façon qu'elle ne réveillât que l'attention, et non pas la jalousie du prince ; et ne point parottre devant lui avec un éclat que ses yeux nepouvoient souffrira

Auguste fut fort retenu à accorder le droit de bourgeoisie romaine ' ; il fit des lois ' pour empêcher qu'on n'affranchit trop d'esclaves ^ ; il recommanda» par son testament, que l'on gardât ces deux maximes, et qu'on ne cherchât point à étendre l'empire par de nouvelles guerres.

Ces trois choses étoient très-bien liées ensemble : dès qu'il n'y avoit plus de guerres, il ne falloit plus de bourgeoisie nouvelle, ni d'affranchissements.

Lorsque Rome avoit des guerres continuelles, il falloit qu'elle réparât contmuellement ses habitants. Dans les commencements, on y mena une partie du peuple de la ville vaincue : dans la suite, plusieurs citoyens des villes voisines y vinrent pour avoir part au droit de suffrage; et ils s'y établirent en si grand nombre, que, sur les plaintes des alliés, on fut souvent obligé de les leur renvoyer : enfin on y arriva en foule des provinces. Les lois favorisèrent les mariages, et même les rendirent nécessaires : Rome fit, dans toutes ses guerres, un nombre d'esclaves prodigieux : et, lorsque ses citoyens furent comblés de richesses, ils en achetèrent de toutes parts, mais ils les affranchirent sans nombre, par générosité, par avarice, par foiblesse* : les uns vouloient récompenser des esclaves fidèles; les autres vouloient recevoir, en leur

1. Ceci est imité du récit de Tacite sur le retour d*Agricola à Rome, après ses victoires dans la Grande-Bretagne. Vita Agricolm,

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