A. Rome presque entière
Rome le trésor des Ptolomées; cela y fit, à peu près, la môme révolution que la découverte des Indes a faite depuis en Europe, et que de certains systèmes^ ont fait de nos jours' ; les fonds doublèrent de prix à Rome'. Et, comme Rome continua d'attirer à elle les richesses d'Alexandrie, qui recevoit elle-même celles de l'Afrique et de l'Orient, l'or et l'argent devinrent très-communs en Europe; ce qui mit les peuples en état de payer des impôts très-considérables en espèces.
Mais, lorsque l'empire eut été divisé, ces richesses allèrent à Gonstantinople. On sait d'ailleurs que les mines d'Angleterre n'étoient point encore ouvertes^ ; qu'il y en avoit très-peu en Italie et dans les Gaules' ; que, depuis les Carthaginois, les mines d'Espagne n'étoient guère plus travaillées, ou du moins n'étoient plus si riches* : L'Italie, qui n'avoit plus que des jardins abandonnés, ne pouvoit, par aucun moyen, attirer l'argent de l'Orient, pendant que l'Occident, pour avoir de ses marchandises, y envoyoit le sien. L'or et l'argent devinrent donc extrêmement rares en Europe; mais les empereurs y voulurent exiger les mêmes tributs : ce qui perdit tout.
Lorsque le gouvernement a une forme depuis long-
i. A. de certains systèmes ridicules.
2. Le système de Law. Gonf. Lettres persanes, cixxviii, cxui.
3. Saétoae, m Augiut., Orose, liv. VI. Rome avoit eu souvent de ces révolutions. J*ai dit que les trésors do Macédoine, qu*on y apporta, avoient (ait cesser tous les tributs. Unius imperatoris prceda finem attulU tribià' torum. Cicéroo, Des Offices, liv. II. (M.)
4. Tacite, De moribus Germanorum, le dit formellement. On sait d'ailleurs, à peu près, Tépoque de Touverture des mines d'Allemagne. Voyex Thomas Sesréiberus, sur Torigine des mines du Harts. On croit celles de Saxe moins anciennes. (M.)