Voycf Pline, Uv. XXXVII, art 77. (M
6. Les Carthaginois, dit Diodore, surent très-bien l'art d'en profiter, et les Romains, celui d'empêcher que les autres n'en profitassent. (M.)
temps établie, et que les choses se sont mises dans une certaine situation, il est presque toujours de la prudence de les y laisser, parce que les raisons, souvent compliquées et inconnues, qui font qu'un pareil état a subsisté, font qu*il se maintiendra encore ; mais, quand on change le système total, on ne peut remédier qu'aux inconvénients qui se présentent dans la théorie, et on en laisse d'autres que la pratique seule peut faire découvrir.
Ainsi, quoique l'empire ne fût déjà que trop grand, la division qu'on en fit le ruina: parce que toutes les parties de ce grand corps, depuis longtemps ensemble, s'étoient pour ainsi dire ajustées pour y rester, et dépendre les unes des autres.
Constantin S après avoir aflbibli la capitale, frappa un autre coup sur les frontières : il ôta les légions qui étoient sur le bord des grands fleuves, et les dispersa dans les provinces ; ce qui produisit deux maux : l'un , que la barrière qui contenoit tant de nations fut ôtée, et l'autre, que les soldats' vécurent et s'amollirent dans le cirque et dans les théâtres'.
1. Dans ce qu*on dit de Constantin, on ne choque point les autears ecclésiastiques, qui déclarent qu*ils n*entendent parler que des actions de ce prince qui ont du rappoil à la piété, et non de celles qui en ont au gouvernement de TÉtat. Eusèbe, Vie de Constantin^ liv. 1, cb. \i\ ; Socrate, liv. I,ch. I. (M.)