‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 5)Chapitre 152 sur 217 · NOUVELLES MA.VIMES PRISES PAR LES ROMAINS · texte numérisé non relu

NOUVELLES MA.VIMES PRISES PAR LES ROMAINS

Quelquefois la lâcheté des empereurs, souvent la foiblesse de l'empire, firent que Ton chercha à apaiser, par de Targent, les peuples qui menaçoient d'envahir ^ Mais la paix ne peut point s'acheter, parce que celui qui l'a vendue n'en est que plus en état de la faire acheter encore.

Il vaut mieux courir le risque de faire une guerre malheureuse, que de donner de l'argent pour avoir la paix ; car on respecte toujours un prince, lorsqu'on sait qu'on ne le vaincra qu'après une longue résistance.

D'ailleurs, ces sortes de gratifications se changeoient en tributs; et, libres au commencement, devenoient nécessaires : elles furent regardées comme des droits acquis; et, lorsqu'un empereur les refusa à quelques peuples, ou voulut donner moins, ils devinrent de mortels ennemis. Entre mille exemples, l'armée que Julien mena contre les Perses fut poursuivie, dans sa retraite, par des Arabes à qui il avoit refusé le tribut accoutumé'; et d'abord après, sous l'empire de Valentinien, les Allemands, à qui on

1 . On donna d'abord tout aux soldats ; ensaite on donna toat aux ennemis. (M.)

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