FUT LE PREMIER ABATTU
Comme, dans le temps que l'empire s'afibiblissoit, la religion chrétienne s*étabIissoit, les chrétiens reprocboient aux païens cette décadence, et ceux-ci en demandoient compte à la religion chrétienne. Les chrétiens disoient que Dioclétien avoit perdu l'empire en s'associant trois collègues^ 9 parce que chaque empereur vouloit faire d'aussi grandes dépenses et entretenir d'aussi fortes armées que s'il avoit été seul ; que par là, le nombre de ceux qui recevoient n'étant pas proportionné au nombre de ceux qui donnoient, les charges devinrent si grandes, que les terres furent abandonnées par les laboureurs, et se changèrent en forêts. Les païens, au contraire, ne ccssoient de crier contre un culte nouveau, inouï jusqu'alors; et comme autrefois, dans Bome florissante, on attribuoit les débordements du Tibre et les autres effets de la nature à la colère des dieux, de même, dans Rome mourante, on imputoit les malheurs à un nouveau culte et au renversement des anciens autels.